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 Mircalla Cluere - Old fashioned monster

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MessageSujet: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Lun 4 Juil - 1:20


Mircalla Cluere

- "Toutes ces pertes dans le grand tout, toutes ces chutes d'étoiles." - Marina Tsetaeva




Prénom(s) : Mircalla*
Nom : Llemur*
Âge : 17 ans depuis 1284
Métier / Études : Aucun
Statut social : Aisé à très aisé
Orientation sexuelle : Humains des deux sexes, motivée par la chasse
Groupe : Vampire sanguinaire
>• Avatar : Mia Wasikowska
 Portrait écaillé
Haute blonde aux yeux foncés, à la peau pâle et aux mouvements calmes et mesurés de danseuse, Mircalla est belle comme un envoûtement, à la manière de ses frères sanguinaires. Frappé par le mal, elle a perdu ses joues moelleuses enfantines et son regard, baigné de rouge, ne donne plus aucune douceur. Son corps est celui d’une adolescente et les traits de son visage, figés dans la jeunesse, ont traversés le temps sans s’affaisser. Cette fatalité donne à son visage une étrangeté qu’on remarque tout de suite et qui charme autant qu’elle inquiète. Pour Mircalla, c’est ce paradoxe étrange de corps et d’âge qui est responsable de la prétendue beauté des vampires. Ils portent des corps qui ne les supportent plus. Les humains sont simplement nécrophiles. Si elle a acquis assez de sagesse et d’érudition au cours de sa longue vie, Mircalla n’a jamais réussi à apaiser son âme. L’injustice de sa transformation la pousse à travers le monde comme une princesse capricieuse. Sa discrétion s’adapte aux époques qu’elle traverse mais, même dans l’uniforme d’une lycéenne idiote, quelque chose de princier et d’hautain subsiste dans ses manières. Elle est très protocolaire. Ses mensonges se faufilent partout et elle mesure suffisamment ses mots pour pouvoir briser une âme. Clairvoyante, elle lit facilement la faiblesse des gens. Spontanément, elle ira toujours vers les plus malheureux, les démunis, les adolescentes à la dérive, les suicidaires, les angoissés – pour qu’ils se réfugient entre ses bras tendres et qu’ils offrent d’eux même une nuque dégagée. Toutefois, il lui arrive de s’entourer d’humains pour son plaisir, pour la servir ou l’aider, sans jamais leur ouvrir la peau. Elle contrôle bien ses ardeurs.
Ayant amassé, au cours de ses voyages, de multiples objets précieux, Mircalla a le goût de ce qui est beau et de ce qui est exact. Elle se consacre à la lecture et possède une étonnante bibliothèque des mœurs sexuelles à travers le monde. Ses mains sont longues et osseuses, aussi fragiles que les vieilles pages des vieux livres qu’elle parcoure, mais aussi fortes et tranchantes que des serres. Son long cou peut se tendre comme celui d’un vautour. Mircalla est un chasseur exquis qui entremêle séduction et brutalité pour se saisir de ses victimes avec lesquelles elle joue parfois très longtemps. L’idolâtrie la nourrit autant que le sang. Elle aime que ses victimes meurent d’amour.




Surnom : Jo
Âge : 21 ans
Comment avez vous connu le forum ? : J'y ai eu un compte il y a longtemps (qui s'appelait Octave LaRuina et qui s'est perdu) et, comme à l'époque, je viens à la suite de mon proche ami Jack avec qui nous développerons un duo vampirique déjà chanté il y a longtemps et qui aura beaucoup de choses à partager avec les habitants de Forks.
Comment trouves tu le forum ? : Clair et de bon goût, esthétiquement proche des films, je pense qu'il promet de bons RPs et les petites jauges ne me font pas peur.
Un petit mot : Je cherche désespérément un code dans le règlement alors...je crois que vous vouliez juste un petit mot. J'espère que mon personnage vous plaira !


*toute l'identité de Mircalla est fausse, empruntée à la littérature et falsifiée avec des anagrammes. Elle en change à chaque voyage.

© Dakota & A-Lice


Dernière édition par Mircalla Cluere le Mer 13 Juil - 16:15, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Lun 4 Juil - 1:20


Lucrecia Llemur

- But you're a bitch and a killer, a psycho psycho youngster. -


L’existence mortelle de Lucrèce Bedford n’a pas survécu à l’incendie qui anéantit tous les registres de la paroisse de Dawn. Le cimetière où sa famille reposait a depuis longtemps été remplacé par un parc puis par un parking au-devant d’un supermarché. La mémoire de ce lointain passé subsiste difficilement car on oublie beaucoup de choses avec l’âge.

Yorkshire, seconde moitié du XIIIème siècle

…Pourtant en 1266 un enfant est bien né au sein d’une famille prospère, ancienne et reconnue parmi les baronnies du Yorkshire. Bedford prétendait même descendre de Lancelot.
De naissance, Lucrèce était comtesse. Elle avait deux frères aînés et une sœur plus jeune. On prit soin de lui donner une éducation religieuse et raffinée. Sa mère avait perdu trois enfants à la naissance aussi donnait-on tous les soins aux miraculés qui avaient survécu. Contrairement à sa sœur qui était plutôt réservée et intimidée par le monde, Lucrèce allait à ses-devants. L’hiver, elle aidait à entretenir les grands feux dans les cheminées de pierre et à coudre des cols en fourrure sur leurs robes. « Passer l’hiver » était un défi à cette époque.
La demeure de sa famille était très grande et en pierres grises. Il y avait de grands jardins où elle adorait courir quand revenait l’été. Elle savait lire, jouer de plusieurs instruments et elle chantait juste. Ses cheveux étaient moelleux, très longs et dorés comme le soleil mais sa peau était déjà pâle et fragile et ses dents, comme un diadème secret. Sa beauté était réservée à un jeune seigneur voisin qui aidait son père à piller les châteaux de ses ennemis. Il portait son portrait autour du cou, comme elle le faisait elle-même et ils soupiraient peut-être ensemble certains jours en se contemplant.
L’année de ses premières menstrues, une épidémie ravagea la grande ville, qui brûlait la peau comme du beurre sur le feu et formait des cloques noires autour du cou et de l’aine. Son fiancé en fut atteint et Lucrèce n’eut subitement plus tellement envie de faire sa connaissance. Semblât-il qu’il périt très lentement et péniblement.
Heureusement, son père laissa juste le temps de le pleurer quelques semaines et lui trouva un autre mari tout à fait à propos. C’était une chance incroyable car dans de si petites bourgades, le couvent est l’unique option des jeunes filles seules.
L’affaire était même très alléchante à cette époque : un duc. Il ne possédait pas de terres voisines mais avait un domaine important un peu plus au nord. En raison des épidémies il s’était réfugié dans une demeure plus ancienne de sa famille, au nord de l’Ecosse. Il acceptait d’offrir l’usage de ses parcelles de terre anglaises au Marquis Bartholomew de Bedford en échange d’un mariage qui lui permettrait de renflouer ses caisses avec une généreuse dot, après s’être ruiné à la guerre.
Lucrèce ne le rencontra qu’une fois avant d’être arrachée à sa famille une première fois. A l’occasion d’un bal donné par Le très honorable Bedford, Sa Grâce Angus Predicat de Llemur invita une fois sa promise à danser. Il avait un peu plus de trente ans ce qui était déjà très mûr et il paraissait malade. Lucrèce eut peur de son regard qui était très dur et roux comme la lune des sorcières. Il avait déjà été marié et son veuvage avait dû l’anéantir. Il la détestait déjà et ne l’aimerait jamais, elle en était certaine.

La date du mariage fut avancée et ils se marièrent tard dans la journée, à l’église du comté. A l’âge de 15 ans, elle devint Lucrecia Llemur. Après la veillée, le Duc l’honora puis dormit dans ses appartements. Malgré cela, au réveil, Lucrèce se sentait encore comme une enfant.
Quand elle prépara son voyage et prit la suite de son mari pour le château écossais, elle quitta sa famille sans pouvoir contenir son immense chagrin qui se mélangeait au sentiment secret mais vif d’être un poids qu’on abandonne et une marchandise qu’on transporte.

Le voyage avait été éreintant et Lucrèce était tombé malade. Ses compagnons de route avaient redouté la perdre. La fatigue et la sous-alimentation venaient à bout de ses chairs faibles mais elle arriva vivante au château où son mari se trouvait déjà. Etrangement, il ne vint pas l’accueillir mais des domestiques la prirent en charge aussitôt.
Sa pâleur et sa faiblesse avaient beaucoup inquiétés et Lucrèce se souvint avoir reçu des soins dignes d’une impératrice. Chaque jour, on lui préparait un bain parfumé à l’eau de violette et des plats variés et tous succulents à heure fixe. Son mari ne la rencontrait qu’au soir et dînait avec elle mais il ne mangeait rien.

Le château était une splendeur. C’était une très ancienne forteresse transformée avec goût. Une servante lui fit la visite. Les murs étaient si épais qu’on ne craignait pas autant le froid qu’elle le redoutait dans cette région. Les jardins n’étaient pas aussi sauvages que chez elle. Ils étaient composés en bosquet et formaient un splendide labyrinthe. La vie semblait beaucoup plus riche et moderne. Lucrèce comprit rapidement pourquoi il était si endetté.
Pendant quelques jours, elle songea qu’il ne la rencontrait qu’à la tombée de la nuit peut-être parce qu’il était très laid mais dans son souvenir ça n’était pas le cas. Elle n’osait pas lui demander s’il avait une maladie. Ils se croisaient de plus en plus furtivement et de moins en moins régulièrement. Par peur des révélations, elle ne lui demandait rien mais se sentait chaque jour de plus en plus seule. La compagnie des domestiques restait fantomatique. Tous avaient l’air mornes, timides et fatigués. Quand elle leur demandait de rester auprès d’elle, ils ne pouvaient pas accepter. Le duc ne recevait jamais de visite. Elle s’ennuyait beaucoup et commençait à fouiner.

Highlands (Ecosse), Château du Duc. 1282
Nuit.

Pieds nus sur le sol de pierre, en simple chemise et avec une faible lumière, elle s’échappa de sa chambre et se rendit dans les jardins pour rejoindre l’autre partie du château.
Lucrèce redoutait que son époux soit un débauché. Depuis des mois, on la priait de se coucher à la tombée de la nuit. Il lui arrivait d’entendre de la musique dans une autre aile du château mais quand elle en parlait, tout lui monde lui assurait qu’elle faisait de mauvais rêves et qu’il n’y avait pas de musicien dans tout le palais.
Lorsqu’elle s’inquiétait de ne pas beaucoup voir son mari, on lui assurait qu’il ne supportait pas la lumière et qu’il était dans une mauvaise période. Cette explication était de plus en plus inquiétante et bizarre. Elle devait en avoir le cœur net. Si elle découvrait que son époux avait des comportements contre-nature, peut-être pourrait-elle en avertir discrètement son père. Alors, on l’enverrait chercher pour l’emmener loin d’ici et rentrer à la maison.
A petits pas délicats, elle traversa le jardin et se glissa près de l’autre bâtiment. Sans oser pousser la porte, elle escalada quelques vétustes pierres de la façade et se hissa à la fenêtre d’une pièce au rez-de-chaussée d’où la musique semblait provenir. Mais cette fois-ci, elle n’entendait rien.
A-travers le carreau jauni, elle discerna une chambre et quelqu’un, un homme lui semblait-il, étendu sur le lit, lascif, avec un pourpoint rouge. Elle distinguait mal car le verre était très épais. Après quelques secondes, une autre silhouette s’approcha avec une cape bleue. C’était un autre homme, grand, qu’elle reconnut pour être son époux, Angus. Il venait près du lit, debout, et l’autre rampait à quatre pattes, approchait sa tête du ventre d’Angus, avait de drôles de mouvements d’acquiescements, puis le duc lui attrapait la tête et l’embrassait dans le cou. Lucrèce descendit vite du mur sans trop oser s’avouer ce qu’elle avait cru deviner.
Sa bougie s’était éteinte et elle retrouva son chemin à tâtons, trop sonnée pour avoir peur des ombres.
Quand elle poussa la porte de sa chambre, le duc était assis sur son lit avec une expression sévère. Il sécha les larmes de Lucrèce sans lui donner plus d’explication et la garda dans ses bras sans qu’elle n’arrive à dire quoi que ce soit. Il savait ce qu’elle avait vu et il ne fallait pas avoir peur.  

Depuis, Angus venait souvent dans la chambre de Lucrèce le soir, s’enquérir de sa journée. Elle n’osait pas lui poser de questions. Il venait, lui parlait doucement, veillait à ce qu’elle ait tout ce qu’il lui fallait. Même s’il la dégoûtait, elle n’était pas sûre de ce qu’elle avait vu. Il rompait sa solitude. Elle finit par attendre ses visites.
Les semaines passaient. Lucrèce s’était convaincu que son mari était un homme égaré et en souffrance depuis la mort de sa première femme et les horreurs qu’il avait connu à la guerre. Il avait besoin d’aide et elle pensait que le sauver était sa mission. Angus était doux avec elle, il pouvait changer de vie et devenir un bon mari. Il ne niait pas être un débauché, il avait une drôle de façon de parler de l’amour. C’était bon signe. Elle songeait moins à partir.
Même s’il était perdu, il lui offrait sa façon d’aimer. L’amour avec Angus était difforme. Elle se surprenait quand même à frissonner quand il l’effleurait avec la pointe de ses dents. La peur la rendait à fleur de peau.

Après l’avoir apprivoisé, Angus ne dissimulait plus ses bizarreries. Il ne vivait que la nuit. Lucrèce devait s’adapter à ce rythme. Fort de son aura presque mystique, il obtenait qu’elle lui obéisse sans poser de questions et qu’elle se plie à ses demandes.
En plus de vivre la nuit, Lucrèce devait s’adonner à un rituel médical. On lui administrait des saignées, effectuées par un docteur, deux ou trois fois par jour. Le modeste chirurgien prétexta d’abord une mesure obligatoire en raison des épidémies. Toutefois Lucrèce réalisa que le docteur travaillait aussi à l’intendance et n’avait sûrement aucune compétence médicale. Le sang prélevé était encore un caprice de son époux débauché. Elle n’osait pas réclamer des explications mais ce rite l’épuisait de plus en plus. Bien qu’on ne lui prélevât que quelques millilitres, elle sentait de jour en jour son corps s’affaiblir. Son teint était blême et ses mains étaient parfois trop faible pour saisir un objet elle-même. Se voyant dépérir, elle demanda qu’on arrête la découpe mais l’intendant ne l’écoutait pas et appela une servante pour l’aider.
Lucrèce s’efforçait de sortir en journée. Elle peinait à vivre au rythme nocturne du château. Le soleil lui redonnait quelques forces et lui rappelait sa grande maison d’enfance. Dès que l’intendant -qui ne semblait jamais dormir- se rendait compte de son escapade, il l’envoyait chercher.
La nuit, la musique et les rires qu’elle entendait la tourmentait beaucoup. Angus semblait recevoir beaucoup de femmes et d’hommes. Parfois des cris atroces déchiraient l’air et tous les domestiques baissaient la tête. Lucrèce réclamait d’assister à ces orgies. Elle ne comprenait pas sa mise à l’écart alors qu’elle faisait tout son possible pour être une épouse adorable. A la fenêtre, elle écoutait les horreurs qui tourmentaient son pauvre mari. S’il se cachait, il avait sûrement honte de son péché. Toutefois Lucrèce mourrait à son tour de honte quand elle voyait où entendait ses invités nocturnes.

Deux ans s’écoulaient où Lucrèce vivait entre jour et nuit, entre silence assourdissant et bruits atroces. Elle écrivait tous les jours à sa famille mais ne recevait plus aucune réponse.
Son espoir d’un amour heureux se fragilisait, elle sombrait dans l’affliction et désespérait de pouvoir réellement ramener Angus sur le chemin de la foi. Chaque jour, elle allait fleurir la tombe des ancêtres du Duc et de feu-sa première épouse pour réclamer de l’aide. Sa gaieté de jeune fille s’était évanouie. La jouissance qu’elle avait quand il s’enfonçait en elle était si coupable et si morbide qu’elle en pleurait parfois. Le libertinage semblait incurable. Tous les jours, elle vivait dans l’attente d’une visite de lui. Quand elle le cherchait pour lui offrir quelque chose, lui poser une question ou juste l’embrasser, elle ne le trouvait presque jamais. Il leur arrivait de partir à la chasse ensemble ou d’aller se promener dans les bois du domaine et Lucrèce n’était jamais aussi heureuse. Il était toujours aussi doux avec elle. Sa petite tête d’ange semblait l’attendrir et lui inspirer beaucoup de choses honteuses que Lucrèce adorait. Le meilleur moment était quand il la rejoignait dans son bain. Mais ses questions commençaient à devenir obsédantes. Elle lui demandait pourquoi ne mangeait-il jamais avec elle ? Pourquoi ne dormait-il jamais auprès d’elle ? Pourquoi était-il si introuvable dans son propre palais ? Pourquoi ne pouvait-elle pas le visiter dans sa chambre ? Où était sa chambre d’ailleurs ? Pourquoi prélever du sang ? Bien-sûr, il ne répondait jamais et savait comment la faire taire ou lui faire peur.
Lucrèce serait devenu folle très vite si elle n’avait pas eu la compagnie bénie de ses servantes. Tous les domestiques provenaient des villages avoisinants. Ils avaient tous un accent très drôle. Lucrèce se lia d’une amitié sincère avec l’une d’elle qui s’occupait de toutes ses toilettes et de ses repas. Elle la réclamait souvent auprès d’elle et lui posait des questions. Léonie la faisait rire et lui prodiguait les soins dont elle avait besoin. Par deux fois, elle l’avait aidé à accoucher - même si le résultat avait été funèbre. Elle en connaissait aussi un rayon sur les hommes et lui donnait quelques conseils pour séduire son propre époux. Aux questions que Lucrèce se posait, elle ne pouvait pas répondre non plus mais elle semblait avoir peur aussi. Léonie apparaissait toujours au coin d’un mur quand Lucrèce commençait à sangloter, n’importe où dans le château. Lucrèce n’aurait jamais pu croire se lier autant d’amitié avec une domestique et il pouvait lui arriver d’être autoritaire ou cruelle, mais Léonie la sauva.

Un jour, après une saignée, Léonie se pencha au-dessus de Lucrèce et murmura combien le Duc était un monstre et qu’elle allait mourir d’épuisement. Lucrèce était toujours plus pâle et faible. Léonie voulut la convaincre de s’enfuir et, sur ses conseils, Lucrèce demanda à Angus de la laisser visiter sa famille en Angleterre quelques temps. Il refusa. Lucrèce s’entêtait dans sa volonté de l’aider. Léonie lui proposa alors de lui montrer quelque chose et une nuit, en empruntant des passages secrets dont Lucrèce ignorait complètement l’existence, elle la conduisit dans le bâtiment où Angus donnait ses luxuriances.
Cachée derrière une tapisserie, Lucrèce assista pendant une heure aux pires barbaries. Des rires gras, des abominations scandaleuses et puis des pleurs, des cris et du sang, beaucoup, partout, qu’il léchait, buvait, pompait, aspirait, étalait. Le Duc dévorait ses comparses, hilares ou effrayés.
Léonie avait raison : on ne pouvait pas le sauver. Angus n’était pas un débauché. C’était un démon.

Le lendemain Léonie avait disparu et après une nouvelle saignée, plus brutale et abondante que les autres, l’intendant enferma Lucrèce dans sa chambre. Elle resta recluse et on lui portait à manger. Affaiblie et mourante, Lucrèce s’évanouissait et se réveillait successivement. Quand elle ouvrit à nouveau les yeux, Angus était assis sur son lit. Il lui caressait la peau du dos sous son laçage. En le découvrant, elle sourit. Puis elle se rappela et hurla d’horreur. Sans brutalité, il l’empêcha de le repousser et reste étendu à côté d’elle. En la serrant contre lui, il l’entrava et lui parla. Elle n’entendait pas tout, son cœur battait fort dans ses oreilles. Il lui disait qu’elle allait sans doute mourir. Il avait raison. Après cette révélation, Lucrèce ne pouvait plus que mourir. Puis il lui disait qu’il était heureux d’avoir eu une jeune épouse aussi belle. Il commença à lui raconter une histoire en léchant ses incisions. Elle ne comprit pas l’histoire. Il lui demanda si elle acceptait de lui garder son amour et elle dit bêtement « oui ».
Ainsi elle mourrait aussi belle qu’elle avait vécu.
Aussitôt elle changea d’avis. Angus sourit et ses dents longues et tranchantes brillaient. Lucrèce cria à nouveau et tenta de se débattre, elle le griffa au visage, essaya de glisser hors du lit et rassembla toutes ses forces pour le repousser et s’enfuir. Elle brisa une cruche sur sa tête mais il ne fut pas étourdi. Son visage de poupée était déchiré par une expression d’horreur. Elle bavait et hurlait mais il la saisit par la taille, lui bascula la tête en arrière en lui agrippant les cheveux et lui mordit la gorge. Du sang coulait abondamment sur sa chemise de nuit et son peignoir. Sans écouter ses pleurs, il la bascula sur le dos et transperça de ses dents la chair livide de son ventre puis la grosse veine de l’aine sans prêter attention à ses pleurs, ses coups et ses insultes. Lucrèce s’accrocha à la vie pendant encore vingt interminables minutes puis son cœur, vide de tout, se tut.
Son corps retomba sans souffle sur ses draps soyeux. Angus avait le visage, les mains et le col souillé. Il respirait fort. Il souleva la tête de Lucrèce et ouvrit sa mâchoire comme celle d’un crâne mort dépouillé. Il se coupa le doigt et l’enfonça au fond de sa gorge. La goutte de venin se déposa sur la paroi de sa trachée et pris la place de son âme fracturée.  

Le nom de Lucrèce s’ajouta à la liste des aristocrates tombés entre les bras du Diable. Le mal semblait se frayer un chemin facile chez les princesses et les marquises. Elle rencontra peu de vampires prolétaires.

Pendant trois jours, le Diable habita son corps. Le poison prit la place de son sang. D’abord la douleur et l’horreur procuré par le malin l’empêchaient de tomber dans l’inconscience et lui maintenait les yeux grands ouverts afin qu’elle ne rate pas une seule seconde de sa désintégration. Les monstres connaissent tous cette histoire. Son corps hystérique s’épuisa. Ensuite vint la faim qu’on ne peut pas assouvir et qui anéanti la raison. Sa chambre était ravagée. Elle griffait les tapisseries, courrait comme un renard enfermé, se cognait le crâne contre les barreaux de son lit, déchirait les rideaux et les tapis, les peintures et ses vêtements. Animal nu et enragé, elle massacrait tout ceux qu’on lui donnait pour se nourrir, sans discernement ni aucune lucidité.    

Le calme revint comme toujours.

Quand elle se vit pour la première fois, elle se trouva immonde. Elle ressemblait à une statue.
Il n’y avait plus d’échappatoire possible. Angus l’avait fait chuter dans son monde sombre et impie. Il s’occupait d’elle, la guidait dans sa décadence monstrueuse, lui apprenait à se nourrir et à survivre. Il ne se cachait plus de rien. Il la traitait comme une enfant et en disposait comme ça l’amusait. Lucrèce peinait à contenir sa colère contre lui. Il comblait ses manques, lui donnait son nectar. Quand Lucrèce se plaignait d’être un monstre, d’être laide et qu’elle l’accusait de ses maux, Angus se contentait de la corriger comme une petite fille capricieuse. Il l’enfermait, la giflait, la privait de dîner ou grondait et il pouvait être terrifiant. Angus était une abomination plus vieille que le domaine. Il ne se dérangeait plus pour répondre aux interrogations de Lucrèce et ses réponses étaient plus effrayantes que son silence passé.
Pendant plusieurs mois, il fallut régulièrement renouveler les domestiques. Dès qu’elle ressentait la Faim, Lucrèce faisait des massacres et sa condition la rendait si malheureuse qu’elle piquait régulièrement des crises de rage. Les mois et les années s’écoulaient. Elle ne s’habillait plus, errait avec une toilette défaite, refusait tous les cadeaux et entrecoupait de longues périodes végétatives par des colères dévastatrices. Angus avait abusé d’elle et de sa naïveté pour la faire chuter dans son monde ignoble et païen.  

« Plus de soleil et un physique irréel » préconisent les annexes. Pour Lucrèce, ces conditions sont un drame.
Elle ne pouvait plus souffrir non plus les amoralités d’Angus et ne le laissait plus s’approcher d’elle. Puisqu’il se moquait éperdument du mal qu’il lui faisait, elle n’aspirait qu’à le faire souffrir aussi et songea pendant un temps à saigner tous les gens qu’il semblait aimer.
Pour réchauffer l’ambiance sinistre du palais, Angus fit venir de plus en plus de badins, de poètes et d’amis de leur trempe, permettant à Lucrèce de rencontrer d’autres créatures semblables à eux qu’elle détesta tous sans discernement.

Highlands, Château du Duc, 1367

Un jour Lucrèce songea qu’elle oublierait sa beauté d’antan, remplacée par ce masque de marbre. Angus avait adopté un petit peintre du cru avec assez de talent. Elle lui fit une commande : un portrait baigné par la lumière du jour. Chaque nuit, elle venait passer une ou deux heures dans son atelier, tournée vers la fenêtre sombre.
Jack était troublé par elle, comme tous les mortels. Lucrèce lui en voulait de désirer la créature infecte qu’elle était devenue. La jalousie d’Angus s’intéressa à ce pauvre petit peintre sans incidence. Jack était aussi débauché et impur qu’eux. Ses tiroirs étaient pleins de croquis masturbatoires qui imaginaient la princesse belle comme une offrande. Angus entra dans une colère noire. Moins il pouvait la toucher, plus il en voulait l’exclusivité.
Jack était bel homme. Ses yeux étaient d’un bleu très rare. La luxure n’avait pas encore asséché son cœur et toutes les dames le trouvait à croquer. Lucrèce trouva dommage de laisser Angus le dépecer. Elle s’amusait de son désir impertinent. Il dût terminer le tableau avant de subir son sort. Sa belle assurance semblait perdue. Comme une mère, elle prit bien soin de lui. Son désespoir lui plaisait beaucoup.
Angus céda à son caprice et elle fit glisser le pauvre petit poète contre sa peau de glace. Il se noyait dans son sourire cruel de petite fille modèle dès qu’il sortait du cachot, semblable à un petit oiseau affamé. La mort lui faisait si peur et son cœur était si lourd de péchés… Ses baisers et ses battements d’amour étaient ses seules prières. Un vampire invité avait livré à la princesse le secret de la transformation. Après qu’il ait jouit en elle, Lucrèce lui caressa le bras et planta ses dents dans son poignet si pointu de peintre. Elle le détruit à son tour, comme Angus avec elle. Sans doute lui évitait-elle l’enfer, mais il en découvrirait bientôt un autre.    
Angus découvrit à quel point elle pouvait être cruelle. Ce méfait dépassait de loin ce qu’il imaginait. Peut-être ne l’en aimait-il que plus. Il la laissa s’enfuir avec son avorton et pour la première fois, Lucrèce quitta le domaine. Quand leur carrosse traversa les terres, il lui sembla que la jument de son époux courrait après eux puis disparu dans la brume.
Répugné par le meurtre, Jack refusait de se nourrir. Lucrèce le trouva idiot de se laisser crever ainsi, surtout que dans ses premiers jours d’inconscience, il avait bien dévoré le conducteur de la voiture. S’il continuait de s’obstiner, il finirait par passer une éternité bien sèche. Lucrèce imagina alors l’abreuver de sang animal. Son éthique de fieffé imbécile romantique en était moins ébranlé et il reprit des forces. Il choisit ce régime pour toujours et elle le méprisa pour cela. Boire du sang de poule, quelle honte pour une créature princière ! Ses yeux prirent une autre couleur, jolie mais bizarre. Lucrèce prit conscience d’avoir dévoré son âme et son joli bleu. Quand il put à nouveau souffrir la compagnie des humains, elle le laissa libre de partir autant qu’il le voulait.
Parfois elle déchaînait sa colère sur lui et mourrait d’envie de le briser en deux. Elle jalousait toutes les humaines qu’il séduisait. Leur peau fraîche et sale, leurs dents toutes lisses et leurs cheveux qui remuaient au vent la rendait folle. La vie de Jack, si légère et festive, la rendait malheureuse. Il pouvait savourer, il ressentait des choses. La nourriture avait un goût de cendre dans la bouche de Lucrèce. L’amour n’avait plus aucun sens pour elle, c’était une piètre agitation. Elle se retira dans une maison quand ils s’installèrent en ville. La nuit, elle chassait comme Angus le lui avait appris. Jack refusait de lui apporter ses compagnons. Persuadé d’être un être de bonté au milieu de ses putains, le petit peintre était répugné par les bassesses de sa maîtresse. Il tenta de lui faire prendre son chemin merveilleux et elle se moqua de lui. S’il la jugeait si dangereuse, il n’avait qu’à partir. Il la quitta, sans doute avec le cœur apaisé.
La chasse aux sorcières incendiait les campagnes anglaises et Lucrèce prit peur. Son chemin était jalonné de bûcher consumés. A l’odeur de chair brûlé se mêlait la putréfaction des épidémies qui gonflait la mendicité et faisait naître des grosseurs sur les visages et sous les vêtements. Se nourrir dans cette région était devenu aussi sûr qu’une cueillette au champignon. Pour ne pas mourir empoisonné par un pestiféré, mieux valait s’enfuir.
Lucrèce redescendit en France puis en Italie. Être un vampire signifiait s’écarter des grouillements du monde. Elle voyagea beaucoup en Europe, en Espagne, en Italie, en Angleterre, en France et aux Pays Bas, d’abord à la poursuite des traces de ses ancêtres puis à la rencontre des grands vampires de l’Empire. L’éducation donnée par Angus était incomplète. Lucrèce mangeait trop, trop vite et très mal, toujours dans un carnage. Elle risquait d’être repérée et tuée à tout moment. A Florence, elle fut adoptée par « Tiber », un des dix vampires les plus vieux d’Europe (dont Angus faisait partie aussi) dont toute l’étrangeté résidait là où il avait été transformé pendant l’enfance. Généreusement, il lui apprit à contrôler ses faims et ses charmes. Lucrèce était cruelle et impulsive, il peinait à tolérer ses débordements. Mais il était sage et bien qu’il ne l’aimât sans doute pas beaucoup, il lui donna de bons conseils et tenta de la rendre un peu moins aigre. Entre autres, il lui préconisa de voyager plus loin et d’élargir son monde.    

La fatigue et le chagrin se substituaient petit à petit à la sauvagerie jusqu’à tout épuiser. Lucrèce retrouva le calme, lourd comme du plomb sur son cœur vide. Pour survivre, elle devait disparaître et sans dire au revoir au reste de son monde, elle s’en alla à son tour.
Une longue traversée suivit et Lucrèce fendit le monde jusqu’aux îles qui affleurent l’océan indien. Après un premier repos au Sri Lanka, elle multiplia les voyages en Asie, vécu quelques années en Chine puis demeura longtemps au Japon dans la plus grande discrétion. Il lui semblait comprendre que son éloignement n’était en fait qu’un moment obligatoire de se recueillir et qu’en réalité, elle n’appartenait plus à aucun territoire. Elle s’initiait, faisait de nouvelles expériences sans changer réellement. Les origines perdaient leur sens. Bientôt elle ne se sentirait pas plus anglaise qu’autre chose : les vampires sont nomades. Angus faisait fausse route en lustrant ses armoiries écossaises. Ils se revoyaient parfois. Se rejoignaient. Lucrèce ne se remaria pas même une fois que leur acte de mariage fut parfaitement périmé.
De retour en Europe, elle s’enterra quelques années sous la neige pour une hibernation nécessaire.

Pologne, 1987

Suite à son grand sommeil, elle était affamée. Dans un orphelinat gelé, presqu’à l’abandon, Lucrèce fit la rencontre d’un enfant maigre et faible, prêt à mourir sur les dalles. Il n’eut pas peur d’elle très longtemps. Après quelques sucreries, il l’appelait mon ange. Installée tout prêt, elle le visitait chaque nuit, le prenait dans ses bras, lui disait des paroles douces, le berçait. Il lui indiquait les enfants méchants et ceux qu’ils n’aimaient pas et elle les dévorait. Il portait un nom ridicule. Les enfants mourraient tous de maladie et de malnutrition. Ses amis mourraient. Une fois le lieu condamné par l’hiver, elle choisit de l’enlever. Ses petits yeux malades brillaient quand les flammes dévorèrent son ancienne prison.
Pour la première fois, son pouvoir horrible protégeait une vie fragile. Elle appela son petit garçon Amos. Il l’accompagna au Japon, en Algérie puis dans un village en Italie. Il vivait heureux auprès d’elle. Elle se surprit à vouloir le préserver. Il était si beau au soleil, les veines pleines de vie pure et d’exaltation. Il grandissait, devenait plus fort, plus beau. Il devait rester son petit amour. Angus ne souhaitait pas rencontrer l’objet de sa tendresse mais peu lui importait. Elle l’aimait tellement.
Hélas en grandissant, Amos voulut accéder à l’immortalité. Lucrèce tenta mille fois de l’en dissuader mais il n’entendait rien. A son tour, il finit par la trouver scandaleuse de le priver d’un « don » qui aurait dû être un don d’amour ou un stupide cadeau d’anniversaire. Ce jeune ingrat à qui elle avait donné toute son admiration et qui était sa joie la quitta pour aller à la rencontre du Conseil, une association de vieux vampires anglais qui gardait un œil sur les agitations de leurs compatriotes, afin de rencontrer un maître qui pourrait l’initier.
Anéantie par son absence, elle le poursuivit jusqu’en Angleterre où elle s’était juré de ne plus mettre les pieds. Personne n’accepta de lui dire où était son enfant et elle le chercha longtemps en vain, quitte à infiltrer le Conseil où son grand âge lui donnait une légitimité bienvenue.

Lucrèce s’intéressa aux flux des vampires dans le monde. Après ses années de retrait, elle songeait que son expérience, aussi futile soit-elle, pourrait bénéficier à d’autres victimes de la morsure. Elle s’illustra particulièrement dans la chasse aux nouveau-nés au crépuscule du XIXème siècle et évita plusieurs tapages. Elle acheta une maison en Italie en plus de sa villa à Madagascar. Les années passaient, elle imagina qu’Amos était probablement mort si personne n’avait accepté de le changer.  Ou peut-être errait il, seul et ignorant, quelque part dans le monde.  
Quelques mois durant, elle accompagna une éminence du Conseil en Allemagne pour sauver quelques manuscrits des autodafés du Nationalsozialismus. Ils furent propriétaires ensemble d’un cinéma à Berlin et Aaron se préoccupait de retrouver des nouveau-nés dans les jeunesses hitlériennes. Lucrèce savait qu’il avait rencontré Amos et qu’il était peut-être un des seuls à connaître le destin de son enfant. Aaron était séduit par son autoritarisme, son petit air courroucé de jeune bourge et l’éclat étrange et pâle d’un visage qui a traversé tous les âges avec les traits de l’adolescence. Il avait eu plus de chance et avait été transformé à un âge respectable, adulte et pas encore vieillissant. Ce n’était pas un vampire spécialement beau, même s’il était aussi envoûtant que les autres pour les mortels. Il était même très simple, issu d’une culture militaire récente dans l’Europe de l’Est d’époque napoléonienne. Les extravagances de quelques vieux aristocrates médiocres et nostalgiques ne le concernaient pas. Il voyait très clair dans le jeu de Lucrèce mais se laissait approcher et jouait aussi le jeu sans révéler ses secrets, s’il en avait réellement.
Trop préoccupés par le contexte, ils n’entendirent parler des attaques sur les vampires que beaucoup plus tard, de retour en Italie.
Pour un vampire, la mort est une réalité plus ou moins estompée qui advient essentiellement quand on s’abreuve d’un malade ou qu’on passe le cap du suicide -et celui-ci est très dur à mettre en place. La possibilité d’une prédation n’avait encore jamais effleuré l’esprit de Lucrèce. A l’époque, il ne s’agissait que de petites anecdotes mais qui étaient déjà perçus comme un immense danger par les sanguinaires. Le vampire sanguinaire étant naturellement au bout de la chaîne alimentaire planétaire, l’assassinat ou les tentatives d’assassinat étaient révolutionnaires. De grandes familles comme les Ozu, les Li, les Volturi ou les Crow ainsi que le Conseil envoyèrent des émissaires partout dans le monde pour recenser et comprendre ce qui se passait. Lucrèce ayant cumulé les fautes graves, le Conseil se méfiait trop d’elle pour lui confier quoi que ce soit. Toutefois, elle eut le même réflexe que nombres de ses comparses et chercha à localiser les immortels qu’elle aimait. Amos demeurait disparu, elle en avait fait le deuil. Angus hibernait toujours. Aaron était en mission. Ijikata vivait recluse dans son studio de danse à Hong Kong.

La révolution numérique bouleversa tout le monde et permis un contact plus aisé entre les vampires comme entre les humains. Même si Lucrèce utilisait encore, en 2016, son magnétoscope et tout le bazar qu’elle avait acheté dans les années 80 -peu avant de se terrer chez elle parce qu’elle avait développé la phobie de mordre un contaminé du SIDA, elle fit installer une caméra au-dessus du caveau d’Angus.
Quand les Volturi tentèrent une intervention à Forks, Lucrèce était en Espagne d’où elle redoutait une grande catastrophe.

La catastrophe évitée, Forks, ce petit bled minable, demeura au cœur des attentions du monde car il s’y produisait des choses très étranges. Ce lieu ressemblait à un poème. Son ciel de grisaille permettait aux vampires de voir la lumière du jour. Ses forêts luxuriantes guérissaient le cœur des ennemis de toujours. Sa lune de pierre rendait le souffle à des créatures disparues depuis longtemps. Son sol gorgé de sang abreuvait la conscience vengeresse des héritiers privés de leurs droits. Sa médiocrité ne se prêtait qu’à l’amour des adolescents.
Forks était aussi le haut-lieu du véganisme vampirique et c’est très naturellement que Lucrèce apprit grâce aux fameux « réseaux-sociaux », ces espèces de bals de printemps virtuels, que son petit peintre, Jack, avait élu domicile dans cette place-to-be. De plus en plus de vampires adoptaient ce mode de vie, il n’était pas étonnant qu’ils cherchent à devenir communautaires. La popularisation d’un tel mouvement contre-nature attire forcément d’autres formes d’impiété. (même si à la lumière de cette époque il semble plus civilisé de se nourrir d’animaux, la prédation demeure un réflexe naturel du vampire et quand il en est privé, il est certain qu’il abusera des humains d’une autre façon parfois encore plus perverse comme l’a démontré récemment l’amourette entre Edward Cullen et sa grue qui ont fait tant débat ces dernières années. De plus les animaux n’ont rien à voir là-dedans, Lucrèce trouve encore plus cruel de s’en prendre à eux alors que pour soulager sa conscience, il suffirait de piller les dons du sang). L’apparition de quelques cas de lupanisme dans la région a secoué tout le monde, comme si tous les adjuvants des vampires choisissaient de frapper en même temps. Mais pour Lucrèce, il était évident que les dérives des vampires finiraient par leur coûter une punition divine à la hauteur.
Prétextant que son infant avait besoin d’être surveillé à sa mère, Lucrèce avertit sa famille anglaise et son maître italien qu’elle entendait s’installer à Forks quelques temps. Une profonde mélancolie la guettait à nouveau ses derniers temps et son abreuvoir venait de mourir des suites de ses morsures. Plus rien ne la retenait vraiment. Jack apparaissait dans nombres de ses rêves ainsi qu’Angus. Quand Lucrèce vivait en Angleterre, sur le même territoire que le château de son lointain, très lointain, mari, Angus assombrissait ses songes. Depuis qu’il était entré en hibernation, elle pouvait l’entendre respirer la nuit ou soupirer dans son sommeil et cette sensation lui broyait le cœur. Les Etats-Unis semblaient suffisamment éloignés pour la préserver de ces sensations. Forks serait un bon poste d’observation, elle informerait le Conseil des évènements et garderait un œil sur son aîné turbulent. Assister à la résurrection des loups-garous était aussi une occasion à ne pas manquer.

Avec de nouveaux papiers et un nouveau nom, Lucrecia prit un train puis un premier avion de nuit qui la conduit de Rome à New-York. Elle séjourna une journée à l’hôtel le plus proche de l’aéroport, comme elle le faisait d’ordinaire. La journée, elle restait étendue sur un lit dans des kimonos en coton. Même si sa condition ne lui permettait pas de dormir, elle pratiquait une sorte de relaxation qui lui permettait de sombrer dans un état un peu somnolent : c’est là que les rêves arrivaient. Cette année ses rêves étaient plutôt sombres. L’avion qu’elle avait réservé pour le lendemain la conduit à Washington où elle passa à nouveau la nuit dans un hôtel où elle lut en consumant son ultime flasque de sang européen. S’ensuivirent encore une longue traversée en train de nuit et un bus qui la mena de Oil City à Forks. Pendant l’intervalle où elle descendit du bus et rejoint son taxi, la tristesse de Forks la troubla. Quel drôle d’endroit pour conduire le destin de tant de choses…si morne et si banal. Il n’y avait aucun raffinement à attendre de ce triste tombeau. Toute la lignée des Bedford, celle des Llemur et toutes les autres se retourneraient dans leur tombe. Sous son nouveau nom, anagramme simple que ses proches sauraient lire, elle fréquenterait un lycée américain pour la première fois.

Forks, 2016
Nuit

Même si les traces qu’elle a laissées sont infimes, l’existence immortelle de Lucrèce est épuisante, faite de collecte, d'errance en attendant d'autres périodes de peur. Forks semble un bel endroit pour grandir puisqu’aujourd’hui il bat comme le cœur du monde des vivants et des morts. Quand Lucrèce s’installa dans sa chambre d’hôtel, dans l’attente de trouver une meilleure demeure, elle pensa que Forks ressemblait à un bon endroit pour mourir, tout simplement.


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Dernière édition par Mircalla Cluere le Mer 13 Juil - 3:29, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Lun 4 Juil - 1:34

Salut et bienvenue parmi nous !!! :33:  n'hésite à me mp si tu as la moindre question . J'espère que seras à ton aise ici et que très vite tu t'adapteras à notre petite communauté.
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Lun 4 Juil - 21:09

Coucou,

Je suis ravie de voir un ancien membre nous rejoindre de nouveau.
Je te remercie pour tes compliments sur le forum.
Si tu as la moindre question, surtout n'hésite pas le staff est la pour toi Smile

J'ai hâte d'en lire plus.

Kiss

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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Mar 5 Juil - 3:51

Merci à vous deux, mesdemoiselles !
J'espère à mon tour que mon personnage vous plaira et que vous aimerez lire ma fiche, même si elle est un peu classique. Je n'hésiterais pas à faire appel à vous si jamais je suis en difficulté. Merci beaucoup pour votre accueil. J'ai hâte de vous retrouver dans la partie jeu !
En effet, mon ordinateur semble se souvenir de mon pseudonyme et mon ancien mot de passe sur ce site (Octave Laruina, donc) mais je n'en trouve aucune trace, ma fiche a dû être effacée il y a longtemps avec mon compte. Moi même je ne me souviens plus ! Mais je suis ravie de venir à nouveau, vierge de tout, encore une fois pour escorter pour ami Jack McMillian. Il était temps qu'un vampire de haut rang vienne rétablir le dérèglement débauché qui règne à Forks, hihihi.
A très bientôt !
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Mar 12 Juil - 13:44

Salut, et bienvenue parmi nous ! J'ai hâte de pouvoir lire ta fiche en entier, le début est déjà très très alléchant *o*
N'hésite pas à nous poser des questions, nous sommes là pour ça Very Happy

Et puis, Mia d'amour... comment ne pas craquer? *o*
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Mer 13 Juil - 16:19

Merci beaucoup, Rhenna ! J'ai terminé ma fiche, j'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes! Je ne suis pas entièrement satisfaite de tout mais mon ami Jack m'a assuré que c'était cool, je m'en remet donc à vous.
Je me suis concentrée principalement sur les rencontres marquantes que Lucrecia/Mircalla a pu faire au cours de ses 700 longues années d'existence, et non sur le détail de où elle était, tout le temps, partout, à tel et tel évènements historiques. Le résultat est peut-être un peu décousu, j'espère néanmoins qu'il vous plaira.
Merci encore pour votre accueil !
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Mer 13 Juil - 16:21

Chouuu ! Je t'ai fais tant de compliment sur cette bio et je voudrais encore t'en faire plus ! Cette pauvre Lucrèce a bien changé depuis ses débuts ♥ Je trouve que tu t'es vraiment bien débrouillé pour ta première biographie complète d'une vampire (souviens-toi des petits tours de passe-passe pour éviter de tout raconter). Les ellipses sont très bien réussis et en dévoilent assez pour donner une image de sa vie et les moments où tu t'attardent un peu plus sont si biens romancés qu'on regrette d'en arriver au bout. Je suis un peu triste que tu ais finis ta fiche, je l'admet... J'ai adoré suivre la vie de Lucrèce à travers les âges. Tu m'as redonné tellement envie de jouer tous nos vieux vampires ♥ Angus plus particulièrement ! Enfin, je me répète.

Je ne sais pas trop quoi dire concernant la description. Je n'ose pas utiliser les compliments que je te fais habituellement parce que ça devient redondant et tu vas penser que c'est du fake. Mais, je suis toujours autant séduis par les mêmes choses et je ne me lasse jamais de lire ta plume.

Quoiqu'il en soit, les retrouvailles vont être épiques, je le sens ! \o/ Bienvenue sur le forum, amor ! ♥ Fas toi vite valider ! Je t'aime fooort !
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Mer 13 Juil - 23:40


   Congrats

   

   J'ai l'honneur de t'annoncer que ta fiche est VALIDE !!!

   Le reste du forum s'ouvre désormais à toi!
   Tu peux donc le découvrir tranquillement, mais avant tout n'oublies pas ces quelques points:
   - Il te faut recenser ton avatar pour qu'il ne te soit pas piqué: WWW
   - Tu peux dés à présent aller créer tes fiches de liens et de sujets et aller voir celles des autres membres ! Il te faudra les recenser ICI. Tu dispose d'un délais d'UNE semaine pour les faire !
   - Comme on a tous besoin d'un endroit pour vivre, viens faire ta demande :
     - Si tu es vampire tu peux avoir un don ! Pour prévenir les membres de ce dont tu es capable, n'oublie pas d'aller le recenser : ICI
- N'hésite pas d'ajouter les admins sur Skype pour avoir en contact en cas de problèmes: ICI!

   N'hésites surtout pas à aller jeter un coup d'oeil aux fiches des autres membres pour avoir rapidement des liens et peut-être même des RP's!
   Si tu rencontres le moindre soucis les admins sont et seront toujours à ta disposition!

   A très bientôt sur le forum! Profites bien!

   ∞ Un petit mot de l'admin:
Ta fiche est juste un petit bijoux d'écriture  :36:  Tu n'as pas du tout à craindre pour de quelconque détails manquant. Ta fiche était assez détaillé et permet de cerner ton personnage. J'espère que tu trouveras vite tes repères et que tu te plaira ici !!!

Ps: Essaye de pas trop casser Jack >.>
   ©️ Dakota & A-Lice
   
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MessageSujet: Re: Mircalla Cluere - Old fashioned monster   Jeu 14 Juil - 15:50

Hello,

Effectivement comme tu le disais il y a matière à lire.
Je vais prendre un peu de temps mais en tout cas le peu que j'ai déjà lu ne manque pas de m'épater.
Tu as vraiment une plume magnifique.

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