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 He proved me that it’s worth to stay alive.

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MessageSujet: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 5:50


Joshua William Dun


Nom : Dun • Prénom(s) : Joshua William • Surnom(s) : / • Date de naissance : / • Âge physique : 23 ans • Race : Humain • Études : Etudiant en musique • Métier : / • Statut civil : modeste • Statut matrimonial : En couple avec Tyler • Orientation sexuelle : totalement orienté vers Tyler • Plus grande peur : écrire ici • Plus grand rêve : écrire ici • Avatar : Josh Dun
Caractère
Qualités - Enthousiaste ø Sociable ø Extraverti ø Honnête ø (peut-être trop) Protecteur
Défauts - Possessif ø Préfère écouter que parler ø Intenable ø Impulsif ø ...
Signes particuliers

|-/ J’ai eu plusieurs surnoms dans ma vie, mais il n’y en a qu’un qui m’est vraiment resté. Spooky. Sûrement du fait que je sois un peu étrange, parce que je pense pas faire peur, c’est pourquoi je penche plus pour la première possibilité. Enfin, j’en sais rien au final, demandez au créateur du dis Spooky si vous n’êtes pas satisfaits. Pour ma part, je l’aime ce surnom.

|-/ Je suis petit. Et alors ? Tout ce qui est petit est mignon. Je suis mignon. Me parlez pas de ma taille, sinon vous allez me vexer, bien l’une des seules choses qui parvient à me blesser.

|-/ J’ai tout un bras tatoué sans compter la petite panoplie encrée de-ci de-là de mon petit corps. Tous ont un sens, je trouve ça inutile de se faire tatouer quelque chose qui ne vous tiens pas à cœur personnellement, je pourrai dire que c’est même ridicule, mais je vais pas juger, chacun fait ce qu’il veut. Pour les miens, certains me sont peut-être plus précieux que d’autres, quelques-uns plus sérieux, encore d’autre en disant bien plus qu’on ne peut le penser, mais tous m’importent, sans exception. Et je ne regrette aucun d’eux.

|-/ Je ne peux pas passer une journée sans écouter de la musique. C’est tout bonnement impossible. J’en ai besoin. Que je fasse quelque chose ou non, il me suffit d’enfiler mon casque ou mes écouteurs et d’appuyer sur play, alors tout va de suite beaucoup mieux... Tout comme il est impossible que je m’abstienne de battre un rythme dans mes journées. Avec mes baguettes, mes couverts, des stylos, même les doigts suffisent… C’est un reflex, c’est comme ça, ça me passera tout simplement pas.

|-/ J’ai toujours eu un style un peu décalé. Avec une mère styliste qui est, il faut le dire, un peu allumée, ça vous forge d’une certaine manière… Je lui ai servi de modèle étant gosse, j’étais bien content de l’avoir en grandissant, elle et ses idées complètement délurées. Même si, ces derniers temps, niveau vestimentaire, je suis bien moins excentrique que j’ai pu l’être, disons que je garde ce petit côté par mes colorations. J’ai commencé tôt, autre manière de m’exprimer peut-être, je ne m’en suis jamais lassé. Bleu, vert, argenté, orange, rouge, arc-en-ciel… En ce moment, c’est le rose qui est à l'honneur !
we're on the right side of rock bottom
Behind the screen
Pseudo web : Spooky • Surnom(s) : Spooky • Âge : 24 • Ce que tu fais dans la vie : écrire ici • Comment avez vous connu le forum ? : Par Smol Bean • Comment trouves tu le forum ? : Je viens d'arriver, mais il a l'air sympa • Un petit mot : Salutation
Afterglow



Dernière édition par Joshua W. Dun le Mar 13 Sep - 14:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 5:51


This is our story

It was me. The beginning of me.
Los Angeles. La cité au milliard de lumières. La cité des Anges. La cité où l’on dit que l’on réalise ses rêves, que l’on rencontre son destin…  Je n’y croyais pas vraiment, trouvant que c’était peut-être un peu trop de nommer cette immense ville, où l’on se perd facilement, de la sorte. D’illusionner ses habitants de ce faux espoir. Mais à cette époque, je n’étais qu’un gosse, qu’un gamin qui critiquait parce que ça l’éclatait. Jamais je n’aurais pensé que cette ville tiendrait ses promesses. Qu’elle m’apporterait ce dont je n’ai jamais osé rêver. Qu’elle me permettrait de te rencontrer toi. De te faire entrer dans ma vie et d'y laisser une marque indélébile.
Mais on n’en est pas encore là… Je n’ai jamais été celui qui était doué pour écrire. L'écriture c'est toi. Rien que toi. Moi, ce n’était que la compo et les rythmes… Mais, je ne pense pas que je serai aussi clair que j’aimerais l’être sur mon histoire si je me contentais de musiques…  Bien que, pour certaines périodes de ma vie, je sais que je n’arriverai pas à trouver de mots suffisants pour te les décrire…

Beaucoup disent que l’argent ne fait pas le bonheur. C’est bien vrai. Et pourtant, j’ai vu le jour dans une famille aisée. Ce n’est pas leur argent qui a su me donner le sourire, mais eux, tout simplement. Avant qu’ils ne s’installent dans l’une de ces demeures immenses à quelques rues de Santa Monica Beach, ils n’étaient qu’un homme et une femme. Hiro et Natalie. Combien de fois m’ont-ils raconté leur histoire ? Leurs doigts s’entrelaçant inconsciemment, des regards d’enfants et les lèvres étirées de sourire alors qu’ils ne se lassaient de me raconter devant mon exaspération de gamin qui sortait un ‘ieurk’ à chaque fois qu’ils s’embrassaient. J’étais puéril, mais au fond, jamais je ne me suis réellement lassé d’entendre cette histoire, leur histoire. Je les aime mes parents, et jamais je ne leur serai jamais assez reconnaissant.
Un père compositeur qui avait quitté le Japon pour venir faire son nom à Los Angeles, avec pour simple bagage ses partitions griffonnées au crayon, arrivant dans cette ville immense dont il maîtrisait tout juste la langue, il y avait aussi forgé sa réputation et c’est ainsi qu’il a rencontré ma mère. Une femme pleine de vie et de sourires, aux éclats de rire qui avaient l’art d’illuminer vos journées comme il se plaît à les décrire encore aujourd’hui. Une soirée caritative où il venait jouer et où elle avait été invitée. Pourtant, quand elle l’a entendu jouer, elle n’a pu s’empêcher d’aller vers lui. Elle a toujours été ainsi ma mère, à faire le premier pas plutôt que d’attendre et de passer à côté de ce qu’elle sait être quelque chose d’important. Heureusement qu’elle l’a fait, car même si mon père se rabougrit à chaque fois en disant qu’il l’aurait fait si elle n’était pas venue vers lui, bien trop subjugué par sa beauté, nous savons tous qu’à cette époque, sa timidité aurait eu le dessus. C’est ainsi qu’ils se sont rencontrés. Non pas parce qu’ils travaillaient ensemble, partageaient les mêmes hobbies, mais simplement parce qu’ils savaient, qu’ils étaient persuadés que cette personne qu’ils avaient ce soir-là en face d’eux, saurait faire leur bonheur. Et ce fut le cas. Trente-trois ans de mariage et ils semblent toujours redevenir ces jeunes qu’ils étaient à l’époque quand leurs regards se sont rencontrés.  C’est de cet amour que j’ai vu le jour.
Un petit gars, un poil hyperactif qui se plaisait à courir à travers cette maison trop grande, à sauter d’un canapé à un autre en imaginant de la lave au sol, à papoter avec ses amis imaginaires, à demander à ma mère de me faire des costumes de super-héros sortis de mes bandes dessinées ou de ma grande imagination, à faire semblant de me raser en même temps que mon paternel, troquant simplement la mousse à raser pour du dentifrice et le rasoir pour ma brosse à dents Mickey, à s’inventer des jeux abracadabrantesques à souhait pour s’occuper. Oui, j’étais déjà assez particulier étant gosse et je ne me suis pas forcément arrangé avec l’âge.
A la petite école, c’était pareil. Je n’ai jamais été du genre timide, mon excentricité m’a pas mal aidé à aller vers les autres, même si je ne leur plaisais pas forcément. Il faut le dire, quand on vient d’un milieu aisé, on atterrit souvent dans des établissements qui font raquer, histoire d’avoir une bonne éducation. Mais personnellement, j’aurai bien échangé pour être avec des gamins normaux, pas de futurs PDG et autres grands qui s’y croyaient déjà. Mon papa ceci, ma maman cela… Personnellement, quand je parlais d’eux, ce n’était pas pour me pavaner de l’argent qu’ils gagnaient où des cadeaux à la Dursley qu’ils pouvaient me faire, mais juste de ces moments magiques qu’on passait ensemble, de ces sorties au zoo, au parc, de ces soirées jeux de société et autre qu’ils parvenaient à m’accorder malgré leur travail respectif. C’était tout ce qui comptait à mes yeux, et plus j’écoutais mes petits camarades, plus j’étais fier d’avoir des parents comme eux.
C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai découvert ma passion. La batterie. Détrompez-vous, ce n’est pas parce que mon père était compositeur et pianiste qu’il n’écoutait que du classique, il en connaissait des groupes de tarés qui ont forgé l’histoire de la musique, et je peux aussi remercier ma mère qui chantait, certes comme une casserole, mais des chansons qui ont l’art de vous emporter. Mais, pour ma part, ce n’était pas les paroles que j’écoutais le plus, pas ces guitares ou ces basses, mais plutôt cet instrument à boumboum qui me plaisait tant, mais ce qui me plaisait d’autant plus, c’était de voir ces batteurs se déchaîner sur leur instrument comme jamais. C’est comme ça que ma passion a pointé le bout de son nez, c’est comme ça que j’ai eu ma première batterie, une petite pour le gamin que j’étais, bleue électrique. Une qui avait la classe en plus… Et c’est de là qu’est né mon amour pour cet instrument, et les cris de ma mère : « JOSHUA !!!! ARRÊTE MOI CE VACARME !!! » Jusqu’à ce qu’on trouve un moyen d’insonoriser une pièce. Du moins, lorsqu’il fut certain que j’allais me dédier entièrement à l’apprentissage de batteur…  Bien que pour moi, ça avait été décidé dès que mes mains s’étaient renfermées sur les baguettes et venaient s’élancer sur les caisses…


Get outside of the box.

Le collège est arrivé assez rapidement. Le temps passe relativement vite quand on est gosse. J’étais égal à moi-même, un gamin surexcité aux vêtements tout droit sortis du crâne de sa mère et aux cheveux qu’elle s’amusait parfois à décolorer. Oui, j’étais sa poupée. Et ça ne me dérangeait pas. Elle était heureuse, c’était nos moments à nous deux. Quand elle m’attrapait, me calait devant elle et commençait à jouer avec ma tignasse de cheveux : « Qu’est-ce que tu veux mon grand aujourd’hui ? » « VERT ! COMME HULK ! » Et alors elle souriait avant d’attraper ses pastels et de me faire des mèches, dessinant des traces de couleurs comme elle dessinait sur ses planches. Elle se moquait que ça ne plaise pas à mes enseignants, ils avaient déjà râlé et elle leur avait déjà rappelé qui payait pour leur jolie petite école. Elle est comme ça ma maman, on embête pas son gosse et surtout, on n’essaie pas de lui faire de reproches sur sa manière d’être mère. C’est une mère en or. Elle sort de l’ordinaire, et elle est très bien comme ça. Une fois, ils avaient vraiment trop cherché, n’acceptant pas que je me ramène avec un jean délavé et un skate alors qu’il n’y avait rien indiquant le contraire sur le règlement de l’établissement, et lorsque mon père l’avait su, ça avait bardé. On touche pas à sa petite famille, bon sang.
Certains m’en voulaient d’avoir le droit de faire de la sorte, en même temps, rien ne les empêchait de faire de même, d’autres trouvaient ça d’autant plus rigolo. Mais en soit, ce que pensaient les gens, je m’en moquais royalement. Influence de mes parents encore une fois. Rester soi-même, quoiqu’il arrive, quoique disent les gens. Je peux paraître étrange, je fais des trucs étranges parfois, j’en dis, je me sens étrange, différent, mais c’est marrant, ça m’amuse et ce que j’aime par-dessus tout c’est de sortir du lot. De ne pas être comme tout le monde, de ne pas penser comme tout le monde, de ne pas faire comme tout le monde. Je veux juste devenir ce que j’ai envie d’être. C’est ma liberté non ? Si j’ai décidé d’être étrange, original. Je n’appartiens qu’à moi-même non ?
Quand je repense à mes années collège, je me rends compte qu’il ne s’y passait pas grand-chose de particulier, ni de bien intéressant. Après tout, ce n’était pas l’endroit qui me passionnait le plus au monde. Car oui, bien que j’aie grandi, mon amour pour la batterie ne m’était pas passé du tout. Loin de là. Je ne jouais plus sur ma batterie petit modèle bleue électrique, je l’avais toujours, elle était dans ma pièce insonorisée désormais, la gardant précieusement cette petite aux peaux usées. Je m’étais amélioré depuis, prenant des cours bien que ma patience n'en était pas favorable, m’entraînant aussi et beaucoup par moi-même, remerciant ma bonne oreille pour réussir à rejouer approximativement les rythmes de mes musiques préférées. C’était une addiction, il ne se passait pas un jour sans que j’y touche. C’est ainsi que les réflexes sont venus. D’autres reproches par la même occasion, mais ça vous savez déjà ce que j’en pense… Pas de ma faute si je n’ai jamais pensé que ça gênerait les profs que je rythme un peu leurs cours…
Je n’ai jamais été très studieux. Mon but n’était en rien de faire des études interminables et finir derrière un bureau à me la jouer chef d’entreprise ou je ne sais quoi de barbant dans ce style. Mon rêve à moi, c’était de devenir batteur, de jouer de la musique qui fait rêver les autres, de savoir jouer pour donner à mon tour cette passion pour cet instrument à quelqu’un. Partager ce que j’ai vécu en battant, tout simplement. Combien m’ont rit au nez lorsque j’osais leur en faire part… Se moquant en disant que ce n’était pas un vrai métier, que pour réussir il fallait avoir un don, insinuant que c’était loin d’être mon cas vu leur regard me jugeant au possible, qu’il fallait se démarquer et que je ne parvenais qu’à le faire avec mes fringues et mes couleurs de cheveux. C’était blessant. Bien sûr. Ça ne fait jamais de bien quand on rit au nez de votre projet dans la vie. Mais je ne le montrais pas, me contentant de sourire ou de m’effacer, sans montrer qu’à force, ça fait du mal quand on rit de soi. Mais je parvenais toujours à me rassurer, à me rappeler qu’il fallait que je me foute de leur avis. « Ils sont bêtes, tu seras ce que tu veux devenir Josh, ne laisse personne te dire le contraire ou même t’en empêcher. D’accord ? » Paroles de ma maman qui resteront gravées dans ma mémoire, alors qu’elle m’accordait un clin d’œil ponctué d’un sourire rassurant, tendant son petit doigt pour que j’y lie le mien. C’était une promesse.
Mais ce ne sont pas tant les paroles des autres qui m’ont fait perdre confiance. Ce ne sont pas les autres. C’est ce misérable accident… Enfin, accident… Pas exactement… Le monde est un endroit peuplé de connards à petites cervelles en plus d’autres petites choses, et ma route a croisé la leur…
Ce soir-là, je savais que mes parents étaient de sortie, invités à un dîner sur Beverly Hills, ils m’avaient proposé de les accompagner, mais savez aussi que je n’étais pas un grand adepte de ce type de soirée où je m’ennuyais vite et donc, pour m’occuper, racontais des bêtises ou pire, les faisais. Sans leur faire honte pour autant, juste pour ne pas céder aux méandres de l’ennui. Bref, ce soir, ils m’avaient laissé, m’appelant seulement de temps à autres pour être sûrs que j’allais bien et me promettant de rentrer au plus tôt. Et à chaque appel, je les rassurais. Putain comme je m’en veux de n’avoir pu les rassurer une dernière fois avant leur retour. Je ne peux imaginer leur inquiétude quand ils ne m’ont pas entendu répondre, grimpant à chaque intonation… Pourtant vous m’aviez dit de faire attention…
J’étais parti prendre l’air, faire du skate sur Venice Beach pour profiter du soleil qui se couchait, embrasant la ville dans une magnifique lumière. Je voulais juste faire une petite sortie, rien de bien exceptionnel, juste un tour avant de retourner me caller devant mon jeu vidéo en les attendant. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’était de tomber sur eux. Des gamins de mon collège. Je vous le dis, ce n’est pas parce qu’ils sont dans un bon établissement qui se vante du superbe renommée et réussite (surtout bien friquée) qu’ils sont véritablement intelligents. Et eux, ils ne l’étaient pas du tout. Mais très, très, très loin de ça. Je ne demandais rien à personne, il n’y avait pas tant que ça de monde, c’est sûrement pour ça que je les aie remarqués si rapidement. Lorsque j’ai entendu ces cris de chatons torturés. Je les ai vus alors qu’ils s’amusaient à shooter dans une caisse, se l’envoyant comme un ballon de foot. Ça m’a d’abord laissé bouche-bée, le temps que je connecte qu’ils étaient vraiment en train de maltraiter des chatons, DES CHATONS, qui avaient déjà été abandonné là et qui ne devaient en aucun cas avoir mérité ça. Je me suis interposé, attrapant la boîte alors que l’un allait frapper de nouveau dessus de toutes ses forces : « MAIS VOUS ETES CINGLES ?! » Ils m’ont toisé, dégoûtés que je les prive de leur petit jeu sadique, ces regards noirs à mon égard exprimant parfaitement le mépris qu’ils entretenaient pour ma petite personne. « Tu viens même nous faire chier en dehors du collège maintenant ? T’es con à ce point gogol ? » Mais je ne les écoutais déjà plus, ouvrant la boîte pour vérifier les chatons. Ils étaient cinq et étaient paniqués. J’allais pour me retourner vers les trois cinglés et leur gueuler dessus, mais alors que j’allais pour me retourner je me pris un coup dans la mâchoire. Ils avaient trouvé meilleur jeu, après les chats, l’humain. Et c’est ce type de personne sans cervelles qu’on veut éduquer pour leur donner les clés du monde ? On est vraiment mal barrer donc…
Mais j’encaissais, plutôt reconnaissant que ces fils de bourges ne soient pas des pros du sport et n’aient pas tant que ça de muscles. J’en rendais certains. Jusqu’à ce qu’ils arrêtent de m’asséner de coups et me laisse me redresser. J’étais au bord de la route, mais ce n’est pas ce que je remarqua en premier, ce fut plutôt l’un des chatons présent dans la paume du plus trapu des trois. Je me préparais à tout, le regardant avec des yeux écarquillés. « Bin allez gogol ! Si tu veux tant que ça le sauver, sauve-le de ça… » et je le vis prendre son élan et tendre le bras, lançant le chat. Je n’ai pas réfléchis, j’aurais peut-être dû… Je l’ai rattrapé, j’ai juste eu le temps de le serrer contre moi et de regarder s’il allait bien, sentant son cœur s’emballait dangereusement. J’allais pour le caresser, pour l’aider à se calmer, quand deux halos de lumière détournèrent mon attention. J’eus juste le temps de tendre un bras. C’est après que les bruits du klaxon et du crissement des pneus sont venus. Puis le choc. Je me suis sentis voler, venir me planter dans le pare-brise et ensuite perdre connaissance, alors que j’avais perdu le chaton des mains et que mon téléphone sonnait, affichant le nom de mes parents.


We all fall sometimes.

Je me suis réveillé dans un lit d’hôpital. Ma mère à mon chevet, des cernes comme pas possible, ça devait sûrement être à cause de son maquillage de la veille qui avait coulé, elle avait pleuré… Mon père était à ses côtés, le visage blême, marqué de fatigue, me fixant d’un air inquiet. Je me suis réveillé sur cette image et c’est ce qui m’a fait le plus peur. Enfin, c’est la première chose qui m’a fait peur, plus exactement. Ensuite, ça a été le fait que je n’arrive pas à serrer ma main sur les doigts de ma mère. Je les y voyais, mais je n’arrivais pas à contrôler mon bras, il ne bougeait pas. Je ne le sentais plus. Je regardais ma main, lui ordonnant de se renfermer sur celle de ma mère, je ne sentais même pas le contact de sa peau. Pourtant, je n’hallucinais pas. « Ma-Maman ? » Je relevais des yeux embués de larmes vers elle. Qu’est-ce qu’il se passait ?
Elle ravala ses larmes en me sentant paniquer, mon pouls s’accéléra de suite alors que je réalisais, je tentais de me redresser, mais mon corps me faisait un mal de chien, je tentais de parler, mais j’avais perdu ma voix, je sentais mes larmes couler alors que la peur finissait d’avoir raison de moi. Je ne pouvais plus utiliser mon bras. Et ça me faisait mal. Ça me détruisait. Car à cet instant, alors que ma mère se penchait pour m’enlacer, déballant des paroles réconfortantes pour me calmer, mon père attrapant mon crâne, plongeant ses doigts dans mes mèches colorées en soupirant d’une voix chevrotante des « Chut, ne t’en fais pas, ça va aller… » Pour m’apaiser. Mais je n’y arrivais pas. Je n’avais plus mon bras.  Et tout ce que j’arrivais à comprendre, c’est que mon rêve était en train de s’envoler.
Je ne sais comment j’ai réussi, mais je me suis rendormi, d’épuisement très certainement, ou peut-être grâce aux perfusions. J’avais l’impression qu’un milliard d’aiguilles s’acharnaient sur mon corps et mon cerveau n’avait cessé de travailler, de réfléchir à ce qu’il m’était arrivé, ce qu’il allait m’arriver maintenant et ce que j’allais devenir par la suite. Quand je me suis réveillé ma mère n’était plus là, il faisait nuit, mais mon père n’était pas parti, il avait à peine bougé. Il sommeillait à mon chevet et m’entendre renifler suffit à lui faire ouvrir brusquement les yeux. Il m’a expliqué que ma mère avait voulu rester, mais qu’il l’avait forcée à rentrer pour au moins se changer, elle ne m’avait pas quitté depuis qu’elle était arrivée à l’hôpital et que j’étais sorti des urgences pour intégrer une des chambres du bâtiment.
Ils avaient su que quelque chose n’allait pas quand je n’ai pas répondu à leur appel. Ils ont su et ont de suite tenté de me rappeler, quittant sans prendre le temps de demander leur reste, la demeure où ils étaient. Les imbéciles qui avaient maltraité les chatons étaient partis en courant en voyant l’accident, de peur certainement, c’étaient des gamins à l’époque… C’est la femme dans la voiture qui a appelé les urgences et c’est l’un des ambulanciers qui a répondu à mon téléphone et expliqué la situation à mes parents. Finissant d’intensifier leur inquiétude et les faisant changer de direction pour l’hôpital où ils n’avaient pas pu me voir de suite. Ma mère était apparemment, hystérique, mon père tentant de la gérer et de comprendre ce qu’il m’était arrivé, en soit, que j’étais sur la route pour sauver un chaton. Je n’ai rien ajouté quand mon père m’a dit ça, j’ai ouvert la bouche, mais je n’ai rien dit. J’ai beau être taré, gogol comme on dit, je ne cafte pas.
« Et… Et pour mon bras ? » Ai-je réussi à articuler malgré la boule géante qui s’était formée dans ma gorge, craignant la réponse. Mais mon père n’eut pas le temps de mettre fin au suspense que déjà ma mère était de retour, me voyant réveillé elle se jeta sur moi et me couvrit de baisers. Je réussis à lui décocher un sourire, même si ce-dernier ne se lisait pas dans mon regard. C’est alors que le docteur qui m’avait pris en charge entra. Et c’est alors que j’ai su ce que j’avais.
Je n’ai rien compris aux termes qu’il a employé, le regardant, mon incompréhension se lisant sur mon visage alors que je voyais ceux de mes parents blêmir. Il a repris, à mon attention, avec des mots plus simples à comprendre. Mon bras gauche avait le plus pris, enfin, plutôt mon épaule qui avait été en grande partie détruite lors du choc. S’en était suivie différente lésions dans le bras, raison pour laquelle mon cerveau ne parvenait plus à se faire obéir. Deux choix s’offraient à moi, essayer la rééducation après avoir eu mon bras bloqué pendant un bon temps, mais je n’étais pas certain de pouvoir utiliser de nouveau mon bras comme autrefois, ou, une opération quelque peu complexe qui viserait à replacer les ligaments, réparer ce qui ne marchait plus et permettre un meilleur rétablissement du bras. Mais le souci de l’opération était d’une part qu’elle laisserait des cicatrices conséquentes, d’autre part, qu’elle restait difficile à effectuer et il y avait 50% de chance qu’elle réussisse comme elle rate. Donc, soit je pouvais réutiliser mon bras, soit je passerai ma vie avec un membre mort. Pour moi, tout était clair. Il fallait que je me fasse opérer. Je voulais rejouer, c’était ma seule solution. De la rééducation sans avoir le même contrôle ? la même force ? Il en était hors de question.
Mes parents avaient quelques doutes, l’opération leur faisait peur, vraiment. Mais c’est mon père qui a pris la parole : « Va pour l’opération. Il a besoin de ses deux bras pour suivre son rêve. » Il était catégorique et ce jour-là, je me souviens lui avoir souris alors qu’il ébouriffait mes cheveux. Je lui en serai éternellement reconnaissant, sans ces paroles, je ne serai jamais devenu celui que je suis aujourd’hui. Ma mère était inquiète, mais elle ne s’est pas interposée, elle approuvait au fond… Elle savait que j’en avais envie, besoin. Je me souviens aussi parfaitement de la suite de notre conversation, une fois que le docteur eut quitté ma chambre. J’étais à la fois impatient, mais aussi inquiet que l’opération ne réussisse pas et c’est avec un peu d’hésitation que je leur ai demandé : « Vous n’êtes pas déçus ou en colère que je joue mon bras pour la batterie ? Que j’accorde autant d’importance à cet instrument et joue ma vie dessus ? » C’est mon père qui a répondu, sans même prendre le temps de réfléchir : « Si j’avais été à ta place, j’aurai aussi voulu qu’on m’opère, tant que je peux encore jouer du piano et que je vous ai, heureux, à mes côtés, alors je suis heureux. Je te comprends. » Puis c’est ma mère qui a enchaîné, avec un sourire chaleureux, me caressant la joue : « C’est ce que tu es, c’est ce que tu veux être, pourquoi chercherions-nous à t’en empêcher ? C’est ton caractère. » Puis, en me pinçant un peu la joue : « Et même si je râle, j’aime t’entendre jouer. » On a ri et mon père a conclu en disant : « On est fier de toi, n’en doute jamais. » Appuyé par le regard souriant de ma mère. Je les aime mes parents. Je les ai toujours aimés.
Le lendemain j’étais opéré. Quand je me suis réveillé, j’ai eu peur, j’étais stressé, l’ambiance dans la salle de réveil n’aidait en rien. Ce n’est que quand j’ai été ramené dans ma chambre, eut un peu de repos qui n’a fait qu’intensifier mes craintes, qu’on a laissé mes parents me rejoindre, suivis de près par le docteur. Le sourire sur leur visage me rassura. « Tout s’est bien passé. » J’en ai pleuré de joie, on ne pouvait me faire plus plaisir. Il ne m’en fallait pas plus. Il enchaîna en me parlant de la rééducation qui allait prendre plusieurs mois, voire un an avant que je retrouve le contrôle de mon bras, mais je m’en moquais, j’allais pouvoir jouer de nouveau. J’étais heureux. Je me moquais de la rééducation, même si j’allais la suivre minutieusement et avec un sérieux qu’on me connaît peu. Je me moquais des cicatrices qui cisaillaient mon bras. Je leur étais reconnaissant d’être présentes, sans elle, je n’aurais plus pu toucher à mes baguettes, à mes caisses, à mes cymbales.  
C’est ainsi que s’est déroulée ma dernière année de collégien. En rééducation. La batterie me manquait, mais j’ai su faire preuve de patience, je ne voulais pas faire un faux pas et ruiner tous les efforts qui avaient été faits pour que je parvienne à m’entraîner et jouer de nouveau. Les imbéciles qui avaient maltraité les chats s’étaient complaints d’excuses, à en devenir pathétiques, mais je ne leur ai jamais pardonné, car ils avaient failli m’arracher mon rêve. Je ne les ai jamais dénoncés. Gardant mes principes.
C’est au cours des vacances suivant la fin du collège que j’ai pu retoucher à ma batterie. Je me suis senti moi de nouveau. J’y allais doucement au départ, mais rapidement, j’ai senti que ça m’avait manqué, que je pouvais y aller. Alors j’ai joué. Encore et encore. Puis est venu le temps d’entrer au lycée…


We are broken people.

L’été touchait à sa fin et ainsi le lycée vint à pointer le bout de son nez. Mes parents m’avaient inscrit dans un établissement catholique à souhait. Aucun des deux n’était très porté religion, mais ils avaient eu tant de bons retours sur celui-ci, puis il était hors de question qu’ils m’envoient dans l’un des établissements choisis par mes anciens camarades. Je n’avais toujours pas révélé la raison de mon accident, mais mes parents me connaissaient et savaient que je ne m’étais pas jeté sous les roues d’une voiture aussi facilement. J’ai beau être impulsif, ils s’étaient doutés que quelque chose s’était passé. Et on pouvait compter sur ma mère pour mener sa petite enquête. Ce n’est pas pour autant qu’elle a fait un scandale. Elle me connaît, elle sait que je lui en aurais voulu. J’ai donc été envoyé dans ce lycée. Non sans tirer la gueule en l’apprenant, mais j’allais bien rapidement me rendre compte que ce lycée n’avait pas que du mauvais. Après tout, c’est là-bas que je l’ai rencontré. Que je t’ai rencontré…
Le premier jour arriva. Je me préparais, troquant mes vêtements excentriques pour quelque chose de plus basiques, donc du noir, personne n’aurait rien à me redire là-dessus. Par contre, mes cheveux étaient bleu délavé. Je restais moi, malgré tout, et j’avais besoin de ça pour me sentir à l’aise. Je ne me voyais pas revenir à ma couleur d’origine, me faire une coupe au bol et une jolie petite raie, additionnant ce ridicule à un pantalon et une jolie petite chemise. Hors de question. Mais j’assumais déjà mon excentricité, depuis un moment. C’est pourquoi je ne prêtais aucun regard à ceux qui me zieutaient bizarrement, pouffaient ou prenaient des airs outrés en chuchotant sur mon passage alors que je m’approchais de l’entrée. Si ça leur faisait plaisir, si ça les occupaient, s’ils n’avaient rien de mieux à faire, ce n’était pas mon problème.
Une salle me fut assignée. Une classe. Des petits camarades. Je les regardais rentrer un à un et s’installer, optant pour la table la plus au fond possible, près de la fenêtre, tapotant des doigts sur le bord de mon bureau en attendant qu’un prof entre et finisse de me forcer à me faire à l’idée que j’allais passer plusieurs années dans tel bahut. Je me souviens que les premières heures m’ont semblé durer une éternité. Chacun se devait de se présenter devant la classe, de parler de son parcours de ses projets, en plus de remplir une fiche indiquant nos données personnelles et les options choisies parmi celles proposées par l’établissement. Pour moi c’était bien sûr musique, en seconde dessin, pour faire plaisir à ma mère et lui montrer que je ne lui en voulais pas de m’avoir inscrit dans tel endroit. Ma présentation, et notamment mon projet, me valut un regard quelque peu méprisant de mon professeur qui devait déjà me voir comme un mauvais élève rebelle qui lui donnerait du fil à retordre, en plus de quelques rires de mes nouveaux camarades. Je n’y portais pas d’attention, pas plus lorsque j’eus ma première réflexion sur les rythmes que je tapais de mon Bic sur mon bureau.
Enfin, la sonnerie retentit et les étudiants ne se firent pas prier pour quitter la salle et se presser vers le self pour se nourrir. A peine y arrivais-je que le monde et le boucan me firent faire demi-tour. Nope, trop de monde, trop de bruit, c’était déjà une première journée complexe, pour rester poli, alors on n’allait pas en rajouter une couche. Je me contentai d’aller m’acheter un sandwich et une bouteille d’eau avant de profiter de la masse présente dans le self pour visiter le bahut tranquille. L’endroit était si calme qu’il en devenait beaucoup plus accueillant. Je me souviens avoir erré un certain temps en grignotant mon sandwich avant de trouver ce que je cherchais. La salle de musique.
J’avais pris cette option parce ce que telle est ma passion, la musique, plus particulièrement la batterie, mais je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre vu la tête de l’établissement dans lequel j’étais désormais. Y aurait-il une batterie ? Est-ce qu'ils allaient me forcer à faire d'un autre instrument ? Pas que ça me dérange en soit, mais avec mon accident, j'ai plus l'impression d'avoir perdu du temps dans l'apprentissage de mes rythmes qu'autre chose... Et ça m'a longtemps stressé. Perdre ce que j'avais à cause de mon accident.
J'ai su que je m’approchais de la salle quand une mélodie me parvint. Mélodie toute droit sortie d’un piano sur lequel semblait doucement tapoter quelqu’un. Car oui, il s’agissait bien d’un son s’extirpant d’un véritable instrument et non pas d’un vulgaire enregistrement qui avait été lancé.  C’est la première mélodie que tu m’as faite découvrir, aujourd’hui encore, je me souviens parfaitement de celle-ci, de ces notes que tu enchaînais sans aucune hésitation et de ta voix qui est venue s’ajouter à cette douce mélodie sans crier garde mêlant au son, tes paroles.
J’aurai pu me manifester, prendre la parole, émettre un son pour te faire part de ma présence, mais je n’ai rien dit. Je n’avais en aucun cas envie de mettre fin à ton jeu de piano et de voix. Ça m’aurait fait du mal de ne pas entendre la fin de cette chanson. De cette musique qui allumait en moi un quelque chose que je n’avais ressenti qu’en écoutant mes CDs et vinyles… Tu as arrêté de jouer, tu m’as vu, et on est resté comme ça, comme des imbéciles, un court instant à se fixer sans dire un mot. Je t’avais pris par surprise, à t’épier de la sorte, quand j’y repense, je n’aurais pu faire plus creepy. Mais toi, tu avais réussi à me laisser sans voix. A cet instant, alors qu’on n’avait même pas échangé un seul mot, alors que je n’avais aucune idée de qui tu étais, j’étais déjà persuadé d’une chose. Je voulais jouer de la musique avec toi. Je voulais faire partie de ta musique. J’y croyais rien qu’en te fixant. Tu m’as sortie de mes pensées, brisant notre silence. Je t’ai vu te lever et je ne sais pas pourquoi, moi qui n’étais plus aussi sûr de moi depuis ce qu’il s’était passé, j’ai eu envie de jouer pour toi, de te montrer moi-aussi, ce dont j’étais capable. J’avais envie que tu m’écoutes toi aussi avant de fuir, ne sachant si je te retrouverais facilement. Alors j’ai entrepris de te montrer mon art. Aucunes paroles, ça tu le sais, ma rudesse à t’imposer de m’écouter en disait déjà long sur ma manière de me comporter avec autrui… L’absence de batterie me vexa une seconde, mais j’entrepris de m’adapter, déterminé à ne pas te laisser quitter cette salle sans m’avoir écouté. Sachant que peut-être, toi aussi, tu aurais cette envie de jouer avec moi après… Fol espoir, mais je n’ai jamais regretté de l’avoir tenté. Car de là est née notre première musique. De là, nos passions ont fusionné et crois-moi, ça m’a donné la chair de poule comme jamais…
Ce jour-là, nous n’avons pas eu besoin de parler, pas eu besoin d’échanger des mots pour se comprendre. Jouer nous suffisait, c’était notre manière de communiquer, de faire connaissance, de se présenter… Certes, ça ne faisait pas tout, mais ça en disait déjà long, et vu notre manière de lier nos sons avec une telle facilité, je m’étais laissé à penser qu’il y aurait bien plus qui suivrait que de simples morceaux. Nous étions sur notre petit nuage symphonique, aveuglés par notre musique, perdus… Et le retour à la réalité fut le son dur, sec et insupportable de la sonnerie du bahut, mêlé aux cris tout aussi peu mélodieux d’une prof outrée…
Ça c’est fini chez le dirlo… Dès le premier  jour… Pas très étonnant venant de ma part, au moins, grâce à ça, mes parents ont su que je m’intégrais plutôt bien. Mais j’y suis allé avec le sourire. J’avais passé un super moment, comment ne pas l’avoir ? Sourire qui me valut un regard noir du directeur de l’établissement. C’était pas gagné… Mais je n’allais pas laisser ce type ruiner aussi facilement ce moment. Tous deux assis face à lui, la tension était palpable. Monsieur Joseph… Déjà une petite info supplémentaire, j’aurai été tenté de me tourner vers lui et de lui tendre la main pour me présenter correctement, étant donné que l’adulte ne semblait pas prompt à le faire, mais vu la tête qu’il tirait, nous en avions suffisamment fait. Tant pis, ce serait pour plus tard… J’arquais un sourcil à sa question. Comportement ? Carrément ? Nous n’avions que jouer sur des instruments, que faire de la musique… Depuis quand l’art est une mauvaise action ? J’allais l’ouvrir, mais le pianiste fut plus rapide, mon regard ce détournant du gérant de l’établissement pour l’écouter. « L’explication n’est pas compliquée à avoir m’sieur. Vous avez une salle de musique à disposition des élèves. On est des élèves de ce lycée, on l’a utilisé. » J’opinais, d’accord avec son explication claire et qui ne tournait pas autour du pot. Mais mon regard changea rapidement pour de l’étonnement et un poil d’incompréhension lorsque le dirlo évoqua une règle, la salle de musique est à la seule disposition des élèves inscrits… Comment ça il n’était pas inscrit à l’option musique ? Je fronçais les sourcils. J’allais en avoir des questions pour Monsieur Joseph… Qui se faisait actuellement rabaisser par le type en costard bien repassé. Pas question. Ce fut à mon tour de l’ouvrir : « Oh aller, on n’aurait pas été si en retard si on nous avait pas envoyé ici pour avoir simplement joué un peu de musique. Et il n’était là seulement parce que je l’y ai invité. » Je lui jetai un coup d’œil pour qu’il se ravise de l’ouvrir suite à mon mensonge. « On s’est juste laissé un peu emporté et on a oublié l’heure… Puis on ne savait pas que c’était que pour les inscrits à l’option. » « Vous n’avez pas lu le règlement Messieurs ? » Commença à s’outrer le directeur, croisant ses bras d’un air mécontent. Et c’est avec une grande sincérité que j’ai haussé les épaules en déclarant : « Votre pavé aux mille et une règle ? Ce n’est que le premier jour monsieur, il va falloir plus de quelques heures pour toutes les lires et les ingérer… » Je n'y allais pas doucement, de toutes manières, je savais qu'avec mon style j'étais déjà fiché depuis que j'avais mis un pied dans l'établissement... Puis, j’étais sérieux, ça m’avait un peu déprimé quand on m’avait balancé le livret à lire et à faire signer. Comme une sorte de contrat entre les élèves et l’établissement… C’était déjà une première journée qui avait mal commencé, et j’étais content de ne pas avoir pourri ma pause déjeuner à lire ce foutu règlement. Il alla pour s’énerver de nouveau, mais lancé je repris : « Puis, le but du lycée n’est-il pas de faire de nouvelles connaissances ? Vous allez pas nous le reprocher non ? » La colère se lisait sur le visage du dirlo et sa réponse eut l’art de me faire lever les yeux au ciel. Encore un qui prend ses élèves pour du bétail plutôt que des êtres humains. S’il finissait par appeler mes parents, je pense que ça allait les faire gentiment rigoler… Mais je ne savais pas ce qu’il en était du pianiste alors je me tus, pour ne pas en rajouter plus et mettre hors de lui celui qui avait nos dossiers devant les yeux, surtout pour ne pas le tenter de rajouter des remarques cinglantes sur ces-derniers…
Les menaces arrivèrent, mais je n’y prêtais pas réelle attention. Ce n’est pas un adulte à la vie bien morne et ennuyante qui n’a rien de mieux à faire que pourrir celle de jeunes tels que nous qui va réussir à me faire baliser ou m’effrayer. Mais je me la fermais, vu la manière de se chercher à se faire discret, voire à disparaître, de mon voisin de banc des accusés, je me doutais qu’il craignait d’une certaine manière un peu plus que moi la tournure des événements. Je me mordis la langue pour ne pas sortir une remarque lorsque j’eus droit à un bonus info concernant ses habilités en basket. Pensant que si le personnel du bahut n’était pas aussi buté, alors il se serait bien rapidement rendu compte qu’il a tout autant sa place dans l’option musique… Quoiqu’il en soit, après s’être faits sermonnés, on eut enfin le droit de quitter la pièce pour rejoindre nos salles respectives. Sa dernière remarques, visant à nous faire le craindre sûrement, ne me fit pas grand-chose, mais je remarquais rapidement que c’était loin d’être pareil pour le pianiste… « Désolé. » C’est sorti tout seul… Disons que ça me faisait de la peine de le voir aussi inquiet et d’avoir royalement foiré dans ma tentative de sauver sa peau des crocs du dirlo… J’ai osé te regarder pendant mes excuses, encore heureux, sinon je n’aurai pas pu voir ce sourire que tu m’as adressé et qui a, comme par magie, effacé une grande partie de mon inquiétude. « T’en fait pas, ce sera qu’un moment à passer ! Merci d’avoir essayé euh… » « Josh. » « Tyler. » C’est comme ça que j’ai enfin pu faire ta connaissance, en apprenant un peu plus sur toi que ce que ta musique laissait deviner.  Cette journée a semblé passer bien plus vite après cela, du moins, je lui faisais face avec un visage beaucoup plus souriant. Sourire qui resta malgré la mauvaise humeur de ma mère à mon retour. Mais il suffit que je lui dise qu’aujourd’hui j’avais rencontré quelqu’un et c’était loin d’être n’importe qui. On dit que lorsque l’on rencontre quelqu’un, on ne l’oublie jamais réellement. Toi, j’ai su dès que mon oreille a rencontré ta mélodie que jamais tu ne quitterais mon esprit. Bien qu’à cette époque, j’étais encore loin de penser que ce serait à tel point.


We are infinite.

Je me souviens du lendemain. De ce jour où j’ai compris et où nous nous sommes de plus belle rapprochés. Ça c’est fait tout naturellement, c’était si perturbant. Je sais que tu me comprends quand je te dis ça, je n’ai jamais eu l’occasion d’avoir de vrais potes, trop excentrique au goût de ceux partageant mes écoles. Je sais que tu as vécu ça aussi. C’est peut-être grâce à cette similarité dans nos caractères, dans nos histoires, que nous avons réussi à tisser un lien si fort.
Ce matin-là, je t’ai cherché du regard. Je t’ai cherché, j’avais envie de te revoir et de te reparler, et surtout de voir si j’étais le seul à avoir envie d’en savoir plus sur l’autre ou non. Je n’eus pas grande difficulté à te repérer, zappé de vêtements sombres et une casquette dissimulant ton visage, la fumée d’une clope s’échappant de tes lèvres, qui d’autre dans cet établissement aurait envie d’autant se cacher, même si je ne comprenais pas encore, pourquoi, toi, tu le désirais tant… « Tes parents t’en ont pas trop fait baver alors ? » Tu as eu un sourire quand tu m’as répondu, et pourtant ce sourire ne t’allait pas. « Pas plus que d’habitude. On devrait vraiment remettre ça. » Ce sourire n’était qu’un leurre pour dissimuler la vérité qui était marquée sur ton visage. Et je l’ai remarqué. Oui, déjà, à cette époque, je cherchais ton regard. Je ne sais pas pourquoi cette idée m’est de suite venue en tête, pourquoi mon inquiétude s’est déclenchée aussi rapidement, pourquoi mon cerveau a de suite rattachée cette blessure à ton air préoccupé de la veille à la sortie de chez le directeur. Quoiqu’en soit la raison, mon expression a de suite changée, mon sourire quittant mon visage pour une expression qu’il ne m’était pas souvent arrivé de revêtir.  « C'est ça pas plus que d'habitude ? » Je n’ai pas pu m’empêcher de te le demander, et j’ai écouté ton second mensonge encore une fois masqué d’une esquisse. « Oh, ça ? Non, juste un accident en jouant au basket hier. » Mais je refusais d’y croire. Et ça non plus, je ne savais pas pourquoi. Pourquoi ça me préoccupait autant de te voir avec l’œil en si mauvais état. On avait sympathisé la veille, d’accord, je sentais qu’on pouvait devenir de bons potes, mais de là à m’attacher aussi rapidement ? C’était sûrement le simple fait de deviner, à travers ton regard, tes fausses paroles, que tu n’étais pas heureux. Et ça m’affectait… Et c’est peut-être d’une voix un peu trop dure que j’ai lâché ces quelques mots qui finissaient de transcrire ce que j’avais deviné : « J'aurais jamais cru que le basket puisse être un sport de combat. » Je suis resté là à te fixer, à te regarder, surpris et silencieux, me dévisager. « S'il te plaît, dis rien. Personne doit savoir. » Tes mots m’ont fait mal au cœur. Peut-être qu’au fond, j’espérais vraiment avoir tort et que tu me prouves le contraire. Mais que tu te résignes à me l’avouer m’a aussi étrangement touché, faisant taire toutes les questions et remarques qui se bousculaient dans mon crâne devant l’horreur qu’il t’arrivait et que je ne parvenais pas à comprendre. Je t’ai donc souris et t’ai enfoncé ta casquette un peu plus sur le crâne : « T’inquiète, pas besoin de faire cette tête. Et pour sûr qu’il faut qu’on remette ça ! Tu veux passer chez moi ? Mon père a un piano… » Et j’étais lancé, certes, je retrouvais ma préoccupation à chaque fois que mon regard se déposait sur tes blessures, mais tu n’avais pas envie d’en parler. C’étaient tes blessures, je ne pouvais me permettre de me les approprier et de risquer de provoquer ta colère. Mais depuis ce jour, disons que j’ai été d’autant plus attentif à ta santé physique. Si tu n’avais pas le sourire chez toi, je faisais en sorte à ce que tu l’ais quand tu étais au lycée, quand on traînait ensemble et qu’on s’éclatait sur nos instruments. Je me souviens comment mes parents t’ont accueilli dans notre maison, comme si tu étais un enfant prodigue qui osait enfin devenir ami avec leur fils sans se moquer de lui ou encore le traiter de gogol. Ils t’ont aimé mes parents. Je me rappelle aussi la première fois que tu m’as invité chez toi, ton stress, comme si tu pouvais commettre une erreur, comme si tu avais peur, ça m’a à la fois touché que tu ailles jusque-là pour moi, tout comme ça m’a blessé que quelqu’un réussisse à te faire ressentir de la sorte. J’avais bien deviné qu’il s’agissait de ton paternel, ce-dernier étant le seul que je n’avais pas rencontré. Mais je ne t’ai pas plus questionné à son sujet, pourquoi te forcer à parler de quelque chose qui te faisait sûrement souffrir rien que d’y penser. Pourquoi demander des explications alors que toi-même ne devait pas en avoir. Et surtout, pourquoi te questionner à ce sujet plutôt que d’attendre que tu viennes de toi-même vers moi m’en parler ? Pourquoi chercher à ruiner cette amitié si forte qui se tissait entre nous deux ? Parce que c’est exactement ce qu’il nous arrivait. Nous nous étions parfaitement bien trouvés, aussi bien en terme de musique qu’en délires, il ne passait pas un jour sans que l’on se voit. J’étais dépendant de cette amitié, et je me plais à penser qu’il en était de même pour toi. Nous partagions les mêmes rêves, pensant qu’ils pourraient devenir réalité, peut-être, qui sait… Nous étions des gamins.
Mais je me trompe en parlant seulement d’amitié. C’était bien plus que cela entre nous. Les jours, les semaines, les mois et même les années passés côte à côte n’ont fait que nous y mener sans nous prévenir. Nous guidant aveuglément vers cette relation si particulière que nous avions. En très peu de temps tu as gagné tant d’importance à mes yeux. Alors que je doutais de moi, de pouvoir faire de la musique, de la batterie, mon métier, tu as su me redonner confiance. Tu es l’un des rares qui a réussi à me faire réfléchir à ma vie. A me redonner confiance en moi et me permettre de rattraper mon niveau. Tu ne le sais peut-être pas, mais je ne pense pas que j’y serai parvenu si rapidement sans toi. Voilà ce que tu représentes pour moi. Voilà ce qui m’a fait de plus belle chérir les moments que nous passions ensemble. Que ce soit à jouer de nos instruments, à se balader sur nos skates, à discuter de tout et de rien, à nous lancer dans des délires à la con qui avaient l’art de nous faire sourire comme des gamins, ou encore à nous gaver de tacos chez Taco Bell, ou simplement à être là, l’un pour l’autre. Et c’est ainsi que tu es devenu plus qu’un simple ami. Tellement plus. Tu m’as fait découvrir une part de moi que je ne connaissais pas du tout. Une part qui ne s’est révélée uniquement grâce à toi. Tu étais cette part de moi. Loin d’être seulement un type que j’appelais quand je m’ennuyais, pour prendre des nouvelles ou pour prévoir des plans entre pote. J’avais carrément besoin de toi, de te voir, de te parler. Voilà l’importance que tu avais réussi à gagner à mes yeux. Et j’ai mis quelque temps à m’en rendre compte, que nous n’étions pas de simples amis, qu’il y avait quelque chose en plus. Quelque chose qui faisait que je voulais être là pour toi, dans tes bons jours, tes mauvais jours, tes réussites et tes échecs. J’avais envie que tu saches que quoiqu’il t’arrive, quoique tu fasses, je serai toujours à tes côtés. Mais peut-être avais-je un peu peur de ces nouveaux sentiments, que tu ne les partages pas, que tu ne les croies pas… Il m’a fallu bien du courage pour t’en faire part, à moins que ce soit ces sentiments qui me brouillaient tellement le cerveau qu’ils ont réussi par eux-mêmes à me faire agir…
Mais il s’est passé quelque chose avant que je n’ose me lancer vers toi. Pour ça, il faut revenir à cette fameuse soirée où un orage terrible était venu frapper la cité des Anges… Il avait menacé d’éclater depuis déjà plusieurs heures, gagnant en force, le nuage menaçant et grondant volant la lumière du ciel, plongeant la cité dans l’obscurité. C’est alors que les craquements commencèrent, zébrant le ciel, éclats de lumières qui illuminaient les bâtisses de leur teinte blanche. Je me souviens de cette nuit-là. Je rentrais chez moi après avoir passé du temps avec toi, retour en silence, ces questions à ton sujet commençaient alors vraiment à me préoccuper et surtout ce qu’elles voulaient dire. Mais quand je suis arrivé chez mes parents, je suis resté dans le jardin. Pourquoi ? Parce que l’extérieur m’a toujours aidé à réfléchir peut-être… Puis aussi parce que je savais que si ma mère me voyait avec cette tête, alors j’allais avoir droit à un sacré interrogatoire. Les éclairs fusaient dans le ciel, boucan impossible dans lequel la voix de ma mère parvint à se frayer un chemin : « Josh ! Ne reste pas dehors mon grand, c’est dangereux ! » Je ne l’écoutais pas vraiment, perdu dans mes pensées. « JOSHUA WILLIAM DUN ! » Décidément, ma mère n’a jamais été une grande patiente. Alors je me suis levé pour rejoindre notre chez-nous. C’est là qu’un éclair a décidé de s’inviter dans notre jardin et de viser à mois d'un mètre de moi. Il me fit vibrer les tympans, me faisant écarquiller les yeux et surtout sursauter comme jamais. Mais il ne m'avait pas touché, heureusement... Comment survivre à ça ?! Aux millions de volt qui s'étaient abattus non loin de moi ? Oui, j'avais eu le cul bordé de nouilles et j'en étais pas peu fier. Je me suis pas plus fait prier pour pressé le pas jusqu'à l'intérieur de mon chez moi, vérifiant tout de même que je n'avais pas de bobos, même si je me doutais que je l'aurai senti passé si tel avait été le cas... Jetant des coups d'oeil à la trace cramée qu'avait laissé la foudre sur son passage. J'avais eu une chance de taré...  
« Bon. Josh, à quoi tu joues ? » « T’as pas vu ça ?! » « Vu quoi ? Que tu cherches à te faire tuer en restant comme un nigaud sous l’orage ? » « J’ai failli être frappé par la foudre et j’y ai échappé !! De peu !! T'as vu la chance de fifou qu'à ton fils ?! » M’écriais-je en levant des bras de winner, complètement inconscient du mal que j'aurai pu avoir si la foudre avait su mieux viser, où si je n'avais pas bougé à temps, ou je ne sais quoi... « Oui, oui, c’est ça mon chéri, maintenant sois gentil avec ta vieille mère et rentre, c’est dangereux de rester dehors ! » J’allais pour rouspéter, pour insister, continuant de contempler la danse d'éclairs à l'extérieur, jusqu’à ce que je remarque que ma mère était figée devant notre télévision allumée, montant le son en me demandant d’une voix inquiète : « Mon chéri, il habite où déjà ton Tyler ? » Elle ne voulait pas m'inquiéter et je n'ai pas compris de suite, toujours chamboulé par ce qu'il venait de m'arriver. J'ai mis un petit temps avant d'assimiler sa question. J’ai haussé un sourcil sans comprendre : « Pourquoi tu me demandes ça ? » Et c’est là que je me suis arrêté à ses côtés et que j’ai regardé l’écran. A cet instant, j'ai de suite oublié ce qu'il m'était arrivé, dès que j’ai vu ta maison en flamme, les lumières des ambulances balayant les alentours, la fumée s'échappant de ton ancien chez-toi. J'ai eu peur. Tellement peur que je n'ai pas de suite entendu le journaliste qui racontait ce qu’il s’était passé et qui affirmait que tu en étais sorti indemne, ma mère a remarqué ma peur, elle a tenté de me rassurer, elle m'a répété avec des mots plus doux ce que le reporter avait annoncé, tu étais supposé aller bien, ta mère ne l'était pas, alors comment pouvais-tu aller bien ? Tu étais supposé être en un seul morceau, vivant, et pourtant je n’ai pas dormi de la nuit.

...La suite sur l'autre post...

Afterglow



Dernière édition par Joshua W. Dun le Mar 13 Sep - 17:46, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 5:51


This is our story

   
Remove your hands from over your eyes for me.


La nuit m’a paru interminable. Je mourrai tout simplement d’envie d’aller te voir. Mais où ? Tu n’avais plus ta maison, tu avais été envoyé à l’hôpital, mais qui sait si tu y étais encore vu combien les journalistes avaient prôné le miracle de ta survie. Il fallait sûrement s’en extasier, mais je n’y parvenais pas, car je me doutais que tu n’allais pas bien. Le matin se leva et j’arrivais en avance au lycée. Pourquoi? Après tout, pourquoi viendrais-tu aujourd’hui, après un tel désastre. J’essayais donc de me dire que j’allais passer une journée seul,je prévoyais déjà à quel point elle allait être terrible que… « Spooky ! » Tu ne sais pas combien j’ai été heureux de t’entendre m’appeler, de te voir, face à moi, entier, du moins physiquement. Et c’est avec un soulagement apparent que je t’accueillis avec un sourire. Je ne t’ai pas posé une seul question, je n’en avais pas envie, tu n’en avais pas besoin, j’ai juste profité de t’avoir avec moi, sain et sauf, n’osant même pas imaginer comment j’aurai réagi s’il t’était arrivé quoique ce soit. Comment aurai-je réagi alors que le simple fait de voir ton regard fixer la grille derrière laquelle ta mère n’était pas, le simple fait de voir ton regard éteint et vide me brisa le cœur et me fit serrer la mâchoire de colère. Pourquoi est-ce qu’il t’arrivait autant d’horreurs ? Pourquoi toi ? J’aurai tout donné pour partager ta douleur, pour prendre un peu de se poids qui écrasait tes épaules. Je ne pouvais que te prouver que tu n’étais pas seul. Quoiqu’il arrive j’étais là. Je serai toujours là… Une grande inspiration et je passais mon bras autour de tes épaules, te sortant de ta torpeur, ne te laissant pas t’enfoncer un peu plus dans ta peine déjà oppressante. « Tu pourrais dormir à la maison ce soir. On n’a même pas eu le temps de squatter la salle de musique aujourd’hui. » Ce n’était pas tant une question. Je n’avais pas envie de te voir partir, rejoindre ton père. Je ne l’avais jamais rencontré, pourtant je ne l’aimais pas. Comment apprécier celui qui te pourrissait la vie ? Alors non, je ne te laissais pas réellement le choix. Je ne voulais pas que tu passes la nuit seul avec lui. Je ne voulais tout simplement pas imaginer ce qu’il pourrait encore t’infliger et être incapable de faire quoi que ce soit. J’avais juste envie de te kidnapper et te garder à mes côtés. Je cachais toutes ces pensées derrière l’excuse de la musique, car je savais tout aussi que c’était l’un des meilleurs moyens de t’exprimer, de te lâcher sur ce qu’il s’était passé la veille, de passer tes nerfs, de juste te laisser aller et j’avais envie, peut-être même besoin, d’être à tes côtés, tout simplement. « Je vais finir par user ton vieux synthé tu sais. » « Tu peux toujours essayer oui. » Tu savais bien que tu pouvais l'user autant que tu voulais, tant que tu l'utilisais, tant que tu venais, alors je me moquais bien de son état...Je ne t’ai pas lâché de tout le trajet, sans même m’en rendre compte, ça me paraissait un geste normal, et pourtant ça désignait bien plus que je pensais. Ma mère a su comment te gérer, elle a fait comme d’habitude, s’est occupée de toi comme il se doit, sans en faire trop pour ne pas te mettre mal à l’aise. Elle t’aime tellement ma mère, elle était tellement heureuse de t’avoir sous son toit. Puis, l’heure de passer aux choses sérieuses arriva. Enfermés tous deux dans cette salle insonorisée où divers instruments de musique, d’amplis et de micros étaient venus compléter ma collection de batteries. C’était notre salle. Notre havre de paix et de création. On ne s’est pas arrêté, on n’avait pas besoin de parler, juste de jouer, se jetant des coups d’œil de temps à autres, rien que ça. C’était suffisant. Ce n’est qu’après quelques heures que la fatigue eut raison de nous et de notre jeu. L’heure d’aller se coucher était arrivée et on a rejoint ma chambre en discutant, les oreilles encore empli des sons qu’on avait mêlés ce soir. « Tu crois qu’on pourrait rester ici demain ? » J’ai eu un sourire en enlevant mon loose-tank et me retournais vers toi pour répondre à ta question, allant pour approuver ton idée, mais mes mots ne sortirent pas de ma bouche. Je reverrais toujours cette scène dans mon crâne. Tu étais là, étalé de tout ton long sur mon lit, torse-nu. Torse mince ponctué de traces sombres, terribles, qui me faisait mal à les regarder seulement. Mais ce qui me faisait le plus mal, c’était de voir que tu y étais fait. Tu n’y avais pas pensé. Tu y étais habitué. Et ça, je ne l’acceptais pas. Je ne me suis pas vu m’approcher de toi, m’asseoir derrière toi, à contempler ton dos nu brutalisé, tes épaules meurtries, épaules que j’avais serrées un peu plus tôt. Ça me dégoûtait. Ça me mettait hors de moi. D’avoir deviné sans savoir que c’était si grave. D’avoir deviné et de n’avoir rien fait. « Spoo-…? »  Je n’ai toujours pas ouvert la bouche, continuant de détailler ces marques sur ta peau, y portant mes doigts sans m’en rendre compte, comme pour les découvrir un peu plus, comme si ce simple contact m’expliquerait pourquoi et comment. Mais ça aurait été trop beau… J’effleurais tout juste ta peau, bien que perdu dans mes pensées, je ne voulais en rien te faire du mal, en rien intensifier la douleur qui maculait ton corps et entachait ton cœur. Tu n’as rien dit, tu ne m’as pas repoussé, tu ne m’as pas gueulé dessus, tu t’es juste caché, finissant de me faire du mal. Tu n’avais pas à te cacher. Très certainement pas de moi. Pas de qui que ce soit. Pas toi. Mais je ne t’ai pas forcé à me regarder, je t’ai écouté sans émettre le moindre son, continuant de te fixer en silence, le bout de mes doigts continuant de courir lentement sur sa peau, écoutant ta voix se serrer alors que tu me contais rapidement ce qu’il t’était arrivé. Récemment comme il y a bien trop longtemps. Voilà ce que je ne digérais pas, voilà ce qui me blessait, d’avoir été à tes côtés aussi longtemps et d’avoir laissé passer ça. De le laisser te détruire alors que tu méritais plus que quiconque un peu de bonheur. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Ces mots sont sortis tous seuls. Juste parce que j’avais besoin de savoir, d’être sûr que l’on partageait la même amitié, la même confiance… « Parce qu’il n’y a rien à y faire ? » Mes doigts se sont arrêtés, je ne l’acceptais pas, et je t’ai regardé relever la tête vers moi, tes yeux rouges plongés dans les miens alors que tu rajoutais ce qui finit de me mettre hors de moi : « Il finit toujours par s’arrêter. » Mais je ne dis rien, je ne fis rien, je ne détournais pas le regard d’énervement. Car cette colère, je ne l’éprouvais en rien contre toi, jamais. C’est pour ça que je n’ai pas ouvert la bouche, que j’ai inspiré longuement et que je me suis étendu sur le matelas à mon tour, contre toi, te serrant contre moi doucement, évitant au mieux tes hématomes pour ne pas te blesser. Je t’ai gardé contre moi, j’avais besoin de te savoir contre moi, sachant que si tu étais dans mes bras, alors jamais je ne laisserai personne te faire du mal. Jamais. « Promets-moi de plus jamais le laisser recommencer, de m’appeler si ça venait à arriver. Et surtout, me cache plus jamais un truc pareil. » Tu te souviens de cette promesse ? Tu te souviens de cette nuit que nous avons passé l’un contre l’autre ? Sans bouger, sans se préoccuper de rien d’autre, sans faire le moindre bruit. Juste toi et moi. Ces nuits-là me manquent tant… Ces nuits où nous étions seuls au monde. Ces nuits où je te regardais t’endormir contre moi, appréciant ton expression apaisée avant de fermer à mon tour les yeux pour te rejoindre dans ces rêves où tout allait toujours mieux… Je me souviens avoir très bien dormi, apaisé, tranquille, heureux de t’avoir à moi. Je me souviens aussi parfaitement m’être réveillé en sursaut quand, alors que le sommeil me quittait lentement, je me rendis compte de ton absence. Je me suis redressé de suite, te cherchant du regard. Sans comprendre comment j’avais fait pour ne pas m’éveiller en te sentant m’échapper. C’est en me levant, en voyant encore certaines de tes affaires que je me suis apaisé. J’ai su alors où te chercher. Poussant la porte de notre salle de musique pour te voir sur le piano, t’adressant un sourire, soulagé que tu sois toujours là. « Tu t’arrêtes jamais toi. » Bien que c'était loin de me déplaire, j'ai toujours adoré t'écouter jouer et chanter... « Bon matin à toi aussi Spooky. » Puis ce fut la voix mélodieuse de ma mère qui vient se mêler à ton pianotage distrait : « Les garçons ! Le p’tit déj est prêt ! » Ce fut l’un de mes meilleurs p’tit déj, t’avoir souriant en face de moi, pouvoir discuter de tout et de rien, délirer à même le matin, te voir laisser tes préoccupations de côté pour te focaliser sur l’instant présent seulement. Nous étions heureux. Vraiment. Je t’ai gardé avec moi, n’ayant tout simplement aucune envie de te voir retourner aux côtés de ton père. Mes parents n’y voyaient pas d’inconvénients, ils me font confiance et ils te voyaient heureux et souriant ici, alors pourquoi te rejeter ? Je n’avais pas envie de te voir partir. Jamais...

They say our brains are sick, but that’s okay.

Je n’ai jamais vraiment aimé quelqu’un. J’aime mes parents, bien sûr, mais ce n’est pas de ce genre d’amour que je parle. Je veux dire, aimer, aimer. Ça ne m’est jamais arrivé. Je ne me suis jamais aimé moi-même, ça aurait été bien trop narcissique de ma part. Mais toi… Mon Dieu… Qu’est-ce que je t’ai aimé. Ça m’a frappé, comme ça, l’air de rien. A force de passer du temps ensemble, à force de se rapprocher l’un à l’autre, à force d’avoir besoin l’un de l’autre… C’est comme ça que ces sentiments ont poussé, grandissant lentement mais sûrement, prenant leur temps au fil de la durée de notre amitié, la renforçant, mais surtout la faisant évoluer… Car oui, j’ai finis par m’en rendre compte. Quand je te regardais, quand mes yeux croisaient les tiens ou ton sourire, je ne voyais plus uniquement mon meilleur ami. Je voyais plus. Je voyais en toi, celui que je veux protéger, que je veux avoir près de moi, que je veux voir sourire, heureux, avec qui je veux être tout simplement. Ça m’a frappé, mais en rien dérangé. Oui tu es un garçon, oui je le suis aussi. Et alors ? Oui, jusque-là j’ai toujours pensé être attiré par les filles, ou du moins je n’ai jamais vraiment pris le temps de me poser la question, mais tu as toujours été celui qui a réussi à me faire revoir ma vie, la repenser, la remodeler. Et voilà qu’encore une fois, tu changeais ma vie. Sans t’en rendre compte. A force de sourire et de temps passer sous le même toit, inséparables, l’un contre l’autre. Tu m’as ouvert les yeux sans le savoir. Tu m’as montré qu’à ton égard, je n’éprouvais pas qu’une amitié forte comme jamais, mais plutôt un amour pur et sincère. Et à partir du moment où je l’ai enfin réalisé, je ne pensais plus qu’à cela. C’est de là que les questions sont venues et que mon regard a changé. Oserais-je vraiment te dévoiler mes sentiments ? Devais-je réellement t’en faire part ? Allais-tu me rejeter ? Allais-je te dégoûter ? Cela briserait-il notre amitié à laquelle je tenais déjà tant ? Ou bien partageais-tu ces sentiments ? Ou alors acceptais-tu seulement mes étreintes par pure amitié ? Qu’allais-tu penser de ce que j’allais t’avouer ? Qu’allais-tu penser de moi… Je n’arrêtais pas de ressasser ces questions, et plus le temps passait, plus je m’en rendais compte, plus leur nombre augmentait. Ça me bouffait et je n’arrivais pas à me décider. Quand je te disais qu’avec toi à mes côtés, je n’étais plus moi-même, moi qui d’ordinaire n’hésite pas à dire ce que je pense. Je me perdais en toi, voilà tout. Et ça me plaisait. C’est toi qui m’a permis de me décider à t’en faire part. Après le lavage de cerveau prétendu de ton paternel. Tu l’avais croisé, j’ai eu peur de suite, bien que rassuré que tu sois à mes côtés. Mais je ne me suis pas réjoui de son changement étrange et tordu de comportement. Je me disais tout simplement qu’il devait cacher quelque chose, qu’il devait te tromper, chercher à te manipuler, je m’imaginais je ne sais combien de scénarios et aucun ne me plaisait. Il t’avait laissé revenir chez moi, encore heureux, sinon je serai venu te chercher… Il semblait être plus présent pour toi, tous les signes portaient à croire qu’il cherchait à changer, à améliorer les choses, et pourtant, je ne lui faisais pas confiance, me taisant malgré tout, sachant que c’était à toi de juger, même si une certaine crainte me tiraillait le ventre rien que de penser que tu pourrais retourner auprès de lui. « Dis Spooky, tu crois que maintenant que les aliens lui on laver le cerveau et qu’il est devenu gentil, je devrais retourner chez lui ? » Voilà que mes craintes étaient justifiées, alors que je laissais mon cycliste se crasher lamentablement contre une roue pourvue d’une multitude de pics, mon sourire s’effaçant. J’avais envie de te dire tout ce que j’en pensais, mais je n’ai pas osé, lisant l’espoir dans ton regard qu’il s’améliorait peut-être réellement. « T’es pas obligé. » Je ne dis rien de plus, bien que cette part en moi, cette part qui ne t’est dédiée qu’à toi, contenant tous mes sentiments indomptables à ton égard, me criait de te retenir plus férocement, de tout te dire, de t’inciter à rester. J’arrêtais ce jeu pour te faire face, essayant de réprimer mon inquiétude et osant malgré tout demander : « T’es sûr de toi ? T’en as vraiment envie ? » Puis me grattant le crâne, gêné et préoccupé tant ça me déchirait que tu envisages de partir : « T’es pas bien ici ? » Torturé et stressé.  J’aurai peut-être dû profiter de cette détresse pour tout t’avouer à cet instant, mais alors que j’allais rouvrir la bouche pour le faire, une pensée me stoppa. Et si t’avouer finissait de te convaincre de partir ? Sentir ta main passer dans mes cheveux m’obligea à chasser cette idée et tes paroles finirent de l’effacer, permettant à mes lèvres de s’étendre de nouveau dans un sourire. « Je resterais tant que tu voudras de moi, deal ? » Je me redressais pour te regarder, taquin : « Deal. Et si je veux de toi toute ma vie ? Tu vas rester mon prisonnier ? » Taquinerie… Ou simple vérité. Après tout ce temps passé ensemble sans arrêt, me retrouver seul me faisait tout simplement peur. Découvrir mes sentiments à ton égard n’était clairement pas un cadeau au départ… Je ne faisais qu’y penser, ça changeait ma manière d’être et je flippais à l’idée que tu le découvres. Moi qui d’ordinaire ne flippe jamais, tu vois à quel point c’était important. Je me laissais retomber sur le lit à tes côtés. « Pourquoi pas, ça m’a l’air cool d’être prisonnier avec toi. » J’eus un petit rire, te jetant un coup d’œil amusé, pile au moment où tu te décidais à t’humecter les lèvres. Pourquoi tu me faisais ça aussi… Tu le sais pourtant qu’il n’y a rien de plus tentant. Résultat, je me suis mordu la lèvre inférieure. Mais c’était trop tard, tu avais déjà eu raison de moi… « Qu’est-ce que t’en sais ? Si ça se trouve je serai un geôlier terrible… » Dis-je en m’empêchant de sourire, me redressant l’air de rien. « Après tout je connais ta faiblesse… » Te maintenant contre le lit, tes poignets dans une main, m’asseyant sur toi avant de commencer à te chatouiller, sachant que tu étais loin d’en être friand. La tension qu’avait engendrée le sujet de ton père ne me plaisait pas du tout. Il était temps de s’en débarrasser et pour ça, j’avais besoin de t’entendre rire. Evitant, malgré tout, les quelques endroits où tes blessures persistaient, je n’ai pas arrêté, souriant en te regardant plié de rire, tentant de te débattre, me faisant d’autant plus tomber amoureux de toi. J’ai fini par arrêter, te contemplant essoufflé, mais souriant, gardant tes poignets dans ma main, je ne sais pas combien de temps je suis resté à te regarder. J'aurai pu reprendre la parole, sortir une connerie puis te rendre ta liberté, m'éloigner. Mais je n'y parvenais pas. Je ne le voulais pas. Alors, inconsciemment, laissant le désir prendre possession de mes moyens, effaçant toutes mes interrogations dans un coup de vent, je me penchais sur toi, mes lèvres venant rencontrer les tiennes.
Mes yeux étaient clos, appréciant la douceur de tes lèvres que je pouvais enfin goûter après y avoir tant pensé. Rêvant que tu me retournais ce baiser. Je ne réfléchissais pas aux conséquences, pas à ce qu’il allait se passer, pas à ce que cela allait engendrer ou briser, mon cerveau étant bien trop en ébullition actuellement pour me permettre de détourner toute mon attention de ce contact précieux. Ce premier baiser était doux, ne durant pas plus de quelques secondes avant que je réalise que j’étais belle et bien en train de t’embrasser, assis sur toi, tes poignets dans une main, la seconde toujours attardée sur ton torse. J’ai réalisé et j’ai brisé ce contact dans un sursaut. Mon regard quelque peu paniqué était déposé sur tes lèvres, puis il se releva vers tes yeux. Mais je n’avais pas envie de voir ta réaction et détournais le regard, un rire nerveux me prit : « Et merde… » Mais je ne riais pas du tout au fond, j'étais juste en train de paniquer en me rendant compte de ce que je venais de faire. Mes mains quittant ton corps pour venir me frotter le visage, gêné, n’arrivant pas à croire que j’avais aussi facilement cédé. La peur et la crainte était revenue en puissance, et l’heure n’était plus aux questions… « Je suis désolé… » Je balbutiais, n’osant toujours pas le regarder, ne me reconnaissant pas, encore une fois. « Enfin, non, mais un peu quand même… » Avouais-je, en soit, j'étais heureux d'avoir pu te voler un baiser trop court à mon goût et pas aussi intense que celui que je rêvais de te donner par la suite... Un deuxième baiser, j'étais taré... Et à cet instant, je maudis mes pensées, voulant tout simplement disparaître de suite. Refusant de te regarder au risque de ne pas savoir résister de nouveau, tant la chaleur qui s’était répandue dans mon cœur ne parvenait pas à s’apaiser. J’avais peur, parce qu’avec ce baiser, je venais de te donner les outils pour détruire mon cœur. J’avais peur que tu les utilises. Si j’avais su que tel serait le cas, mais bien plus tard… Puis la panique disparut en un éclair. Alors que je me cachais le visage, que je me cachais de toi, ce contact revint, venant me surprendre à mon tour. Je te dévisageais. J’avais imaginé mille et un scénarios, mais si peu où tu me retournais mes sentiments. Me laissant sans voix, n’ayant que mes yeux posés sur toi. Tu m’avais embrassé. Tu as même réussi à me faire rougir. Je ne l’avais pas imaginé. « Je préfère mille fois plus ce genre de torture que les chatouilles tu sais ? » La surprise s’est évanouie, la stupeur m’a quitté et mon expression fut changée pour un grand sourire, transcrivant parfaitement la joie que j’ai ressenti à cet instant, cette joie de ne pas avoir été rejeté. J’ai ri à ce que tu as dit, et c’est avec un regard avide que je t’ai répondu : « Je sais pas si tu fais bien de me dire ça… tu pourrais finir par le regretter… » Mon pouce caressant lentement ta lèvre inférieure avant que je vienne m’en emparer une nouvelle fois, un baiser cette fois bien plus intense, avide de ce contact, de cette nouvelle addiction, te plaquant de nouveau contre mon matelas, une main perdue dans ta nuque, la seconde venant entremêler nos doigts.  Ne m’éloignant que pour reprendre mon souffle et te dévorer de nouveau du regard, heureux, réalisant ce qu’il venait de se passer, de ce cap que l’on venait de passer ensemble. Déposant un dernier sur ton front, je me décidais enfin à quitter ton bassin pour m’allonger de nouveau à tes côtés, aspirant à tenter de calmer les battements de mon cœur qui n’avaient cessé d’aller crescendo, gardant simplement en prisonniers tes doigts et ton regard, ne voulant pas briser cet instant de paroles, n’éprouvant que ce désir égoïste de profiter de nous.

I'll never let you go.

Tu n’es pas parti, tu es resté avec moi, et putain qu’est-ce qu’on était heureux. N’est-ce pas ? Tu l’étais ? Sache que je l’ai été, à cette époque où nous étions ensemble, tout simplement. Voilà ce que j’étais, amoureux de toi. Je n’avais plus peur de l’avouer, de le dire, seule ta réaction m’avait réellement préoccupée, celle des autres, je n’en avais rien à battre. C’était ce que j’étais, j’étais heureux comme ça. Est-ce que c’était dur à dire ? Non, pas pour moi, tu connais mon caractère aussi… Mes parents l’ont donc su rapidement, tu te souviens de la réaction de ma mère ? Comme elle nous a sauté dessus, s’écriant : « Je le savais ! Je le savais ! Je te l’avais dit hein ? AHAH ! » En secouant frénétiquement l’épaule de mon père qu’elle amusait de son comportement. A croire qu’elle nous shippait avant même que l’on échange nos premiers baisers. Elle nous a fait rire, faisant s’envoler le peu d’appréhension que j’avais quant à leur réaction. Je les connais pas cœur, j’ai toujours su que la seule chose qui leur a toujours importé est mon bonheur, voir un sourire sur mon visage et des étoiles dans mes yeux. Et ça, je te les devais. Alors ils ne pouvaient qu’approuver. Puis, tu fais parti de la famille… Et ainsi alla notre vie. On ne s’affichait pas partout, surtout pas devant ton père, il était simple de lire ta crainte à l’encontre de sa réaction. Je comprenais, je ne m’en vexais pas, j’étais plutôt heureux de t’aider à entretenir ce petit secret. Rien de tel pour pimenter une relation non ? Vint le choix de l’université. Combien  de temps avons-nous passé sur ces brochures, à lire par-dessus l’épaule l’un de l’autre, à être lassé de tant d’options sans savoir laquelle choisir. Jusqu’à ce que l’on trouve l’Université de Washington et son option musique. Il suffit d’un échange de sourire pour que l’on sache qu’on pensait à la même chose. Se séparer et aller dans des établissements différents ? Pourquoi ? C’est avec toi que je voulais faire de la musique, c’est toi qui m’inspire. Pourquoi aller chercher ailleurs ? Comment apprendre sans ma motivation ? Nous avions donc nos projets, nous investissant autant que possible pour y parvenir, vivant notre vie, ensemble. Mais ton père persistait à te faire du souci n’est-ce pas ? Il suffisait de remarquer ton regard pensif, perdu, parfois absent pour s’en douter. Mais je ne te questionnais pas, m’entêtant à te changer les idées, à ne pas te forcer. Et c’est ainsi qu’en pleine révision, c’est toi qui est allé vers moi. Nous étions étalés de tout notre long, plongés dans nos bouquins, essayant de comprendre ce qu’il y avait à ingérer qui nous permettrait de continuer notre épopée vers la réalisation de notre passion commune. La musique. Je m’étais tranquillement installé sur toi, oui, tu me faisais office d’oreiller. Je n’ai jamais aimé étudier, je n’ai jamais été très studieux, alors si je ne pouvais pas avoir un peu de réconfort, j’aurais bien rapidement tout envoyé bouler. Poursuivre mes études, ça aussi c’était grâce à toi… « Spooky... » Il ne m’en fallu pas plus pour quitter des yeux dans la seconde mon manuel de Mathématiques, qui semblait déterminé à mettre fin à ma vie avec ces formules incompréhensibles et inutiles, et de porter un regard curieux sur toi. Je n’eus pas le temps de répondre à ton sourire que ton air préoccupé me coupa dans mon envie de sourire, me faisant froncer les sourcils, posant mon manuel son mon ventre, faisant glisser mes doigts sur ton avant-bras, caresse qui se voulait réconfortante, geste que je ne pouvais m’empêcher de faire quand je te voyais ainsi. « Qu’est-ce qui te tracasse Ty ? » Je t’ai regardé chercher tes mots, signe supplémentaire que ce que tu allais me dire était sérieux, même si j’avais au fond une petite idée sur quel sujet autant de préoccupation de ta part pouvait porter.  « Je veux lui dire, mais rien que l’idée qu’il explose me fait complètement flipper. » Tu n’avais pas besoin de définir le fameux ‘il’, c’était déjà tout deviné. Ton père. Tu voulais lui dire pour nous. Je t’ai regardé tomber sur le lit et j’ai roulé sur le ventre en soupirant, réfléchissant à quoi te répondre. Car une part de moi me disait de répondre par la négative de suite, de ne pas tenter le diable, mais je savais que ce n’était pas forcément ce que tu voulais entendre, ton père faisait des efforts apparemment, tu avais envie d’y croire, tu avais envie de tenter ta chance, d’aspirer enfin à une vie de famille joyeuse et moins tordue qu’elle ne l’a été, alors j’ai réfléchi à ma réponse, puis j’ai tourné la tête vers toi, cessant de caresser ta peau pour entremêler mes doigts aux tiens. « Si tu y tiens vraiment alors on peut y aller ensemble. Comme ça s’il explose, tu ne seras pas seul avec lui. » Hors de question que pour notre relation cet homme relève la main sur toi. Je ne l’aurais pas accepté. Voilà pourquoi je voulais être là, pour toi, parce que je ne lui faisais pas confiance et le fait que cette crainte persistait en toi montrait tout aussi bien que ce démon et ces cauchemars de hantaient toujours. Notre relation n’était pas appréciée de tous, loin de là, des rumeurs, des chuchotements, il y en a toujours. Mais que ceux qui ont quelque chose à redire osent juste, qu’ils essaient juste de nous blesser… C’était aussi valable pour ton père tu sais. Notre problème ? Vouloir l’un comme l’autre protéger l’autre. C’est pour ça que ma réponse fut loin de te plaire, même si en soit, ce n’était pas une question. C’était un fait. Si tu y allais, alors j’en étais. Que tu le veuilles ou non. J’ai confronté ton regard mécontent, qui malgré tout me touchait, comment ne pas l’être quand je voyais que tu tenais à moi à ce point ? « Et qu’il t’explose dessus ? Ça te va pas les tendances suicidaires Spooky. » J’ai haussé les épaules en déclarant : « Il vaut mieux qu’il explose sur nous deux et que l'on soit là pour se soutenir l'un l'autre, plutôt que de s’acharner sur toi non ? » Pensais-tu vraiment que j’allais rester sagement chez moi, te sachant face à lui pour lui annoncer que nous formions un couple ? Pensais-tu vraiment que j’allais attendre tranquillement de tes nouvelles ? Ça aurait été la pire des tortures, le plus terrible des supplices de ne pas être avec toi, de ne pas savoir et d’imaginer, d’attendre, à l’écart. Nous étions ensemble, on se devait de tout partager non ? Tu n’étais pas content, je le voyais bien, je ne te quittais pas des yeux alors que tu tentais de changer le sujet. « Tu sais quoi ? On va attendre d’être diplômés avant de négocier une bagarre avec ce qui est censé être ton futur beau-père. » J’ai eu un petit rire, c’était vrai que présenté comme ça, ça ne présageait rien de bon. J’avais beau me taire, tu savais parfaitement ce que je pensais de lui n’est-ce pas ? Tu n’avais pas besoin de me l’entendre lire, tu savais deviner ce que je pensais n’est-ce pas ? Lire en moi… Alors que tu te replongeais dans les révisions, j’ai entouré mes bras autour de toi, te serrant contre moi, enfonçant mon visage dans ton torse, laissant ton odeur m’enivrer en déclarant : « Puis tu es mon prisonnier tu te souviens ? Tu ne m’échapperas pas aussi facilement. Essaie juste…» Car au fond, j’avais peur que tu ailles le voir seul. Vraiment peur. Voilà ce que j’aimais, te sentir contre moi, avoir droit à tes caresses, à ton amour, que l’on soit que tous les deux, seuls au monde. Je n’avais besoin de rien d’autre, que de toi. J’aurais dû t’enlever… Mais n’aurait-ce pas été égoïste de ma part ? De t’emmener loin de ta mère ? De ne pas te laisser donner une chance à ton père ? De te garder rien que pour moi ? J’étais peut-être égoïste… Je le suis sûrement toujours… J’aurai probablement dû l’être…  Ainsi, je n’aurai pas eu à te voir t’éloigner de moi sans avoir la possibilité de te retenir. « J’en ai pas l’intention. Jamais. » J’ai souri à cette promesse que tes lèvres laissèrent échapper, tu ne t’es sûrement pas rendu compte combien cela comptait pour moi, ces quelques mots, combien le seul fait de t’entendre les prononcer me rassurait et me redonnait le sourire. Je me suis redressé, j’ai plongé mon regard dans le tien, en chuchotant alors que je me penchais lentement sur toi : « Y’a intérêt… » Avant de t’embrasser, te mordillant légèrement la lèvre pour avertissement. Que je les aimais nos baisers, que j’aimais plonger mon regard dans le tien par la suite, que j’aimais te voir te mordre ta lèvre inférieure, sachant parfaitement que ça ne m’aidait pas à me retenir. Mais surtout, que j’aimais t’entendre me dire : « Je t’aime. » Me faisant toujours adopter un sourire attendri, alors que je te retournais à chaque fois ces mots : « Je t’aime. » J’étais sincère. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai toujours. Toi et rien que toi. Certains diront que je suis naïf, niais, débile, me retraiteront peut-être de nouveau de gogol, mais je m’en fous, je t’aime, c’est ce qui t’as toujours rendu si spécial à mes yeux. Même si, pendant un temps, peu après cet échange, ces étreintes, j’ai cru perdre cet amour à ton égard. J’ai cru te haïr. J’ai cru t’en vouloir. J’ai cru te mépriser. Mais en réalité. J’étais juste brisé et je ne t’avais plus à mes côtés pour me réparer…

I needed you to stay.

Quand je me suis réveillé, quand je me suis rendu compte que tu n’étais pas lové dans mes bras, le froid du lit me faisant soudainement frissonner, ne prévoyant rien de bon… L’inquiétude a pointé le bout de son nez, l’air de rien, s’intensifiant au fur et à mesure que je t’appelais, passant en revue chaque pièce de notre demeure soudainement trop grande à mon goût. La peur m’a pris quand j’ai remarqué que tu n’étais pas penché sur ton synthé et que tes affaires n’étaient plus là. Les larmes me sont venues quand je me suis rendu compte que tu étais parti. Tu m’avais filé entre les  doigts et je ne m’en étais pas rendu compte. Jamais je ne me serai attendu à ce que tu y ailles par toi-même. Le voir lui, sans accepter ma présence à tes côtés. Me laissant seul… Et combien je l’ai ressentie cette solitude. Elle m’a foudroyé, alors que je restais là, seul, ne sachant pas quoi faire. Ton départ a été terrible. Tu n’étais plus là, tu m’avais laissé. Je ne t’avais plus à mes côtés qui riait dès que j’utilisais ma brosse à dent pour ôter le dentifrice au coin de mes lèvres. Je ne t’avais plus pour te chatouiller par pur désir d’entendre tes éclats de rire et de te voir te débattre. Je ne t’avais plus pour te couvrir de baisers et de caresses. Je ne t’avais plus pour entendre ces mots que tu m’avais pourtant prononcés et qui avaient su me faire vibrer comme jamais cela ne m’est arrivé. Je ne t’avais plus pour jouer notre musique. Je ne t’avais plus pour t’entendre chanter. Je ne t’avais plus. Je n’avais qu’en seul compagnon ce silence oppressant qui m’enfonçait de plus belle dans cette tristesse étouffante. Une seule question résonnant continuellement dans ce silence violent : Pourquoi ? Nous étions heureux. Nous allions bien. Nous étions ensemble. Nous étions un tout. Quand est-ce que ça s’est arrêté ? Pourquoi tu as décidé d’y mettre un terme ? Maintenant ce n’est que tristesse et incompréhension.
Je m’en voulais d’avoir cru en cette promesse. Je t’en voulais de l’avoir brisé et de m’avoir laissé de la sorte. Si tu avais cessé de m’aimer… N’aurais-tu pas été assez brave pour me le dire plutôt que de fuir ? J’étais perdu. Tu as toujours été celui qui a su me guider. Mon addiction. Mon Milo. Cette part de moi que tu m’avais faite découvrir au fil du temps passé ensemble et que tu m’avais brutalement arraché en me quittant sans un mot, un regard, un sourire, un baiser… Et ça m’a fait mal. Tellement mal, Milo.
Je n’ai cessé de me demander comment nous avions bien pu en arriver là. Qu’est-ce que j’avais fait ou dit qui t’aurais poussé à partir de la sorte pour aller voir celui en lequel tu savais que je ne nourrissais aucune confiance. Ne pouvais-tu pas tout simplement d’empêcher de penser à lui ? Pourquoi lui accorder ton attention alors que tu m’avais moi ? Qu’avais-je fait pour que tu partes seul… Pour  que tu me laisses à l’écart, moi, celui que tu disais aimer. Ton regard mentait-il cette fois-là ? Tu disais ne pas vouloir me voir souffrir, n’est-ce pas ? Milo, tu m’as fait souffrir et j’étais encore si épris de toi que je m’en voulais rien que de penser de tel. Tiraillé, une part souhaitant t’en vouloir, te blâmer, la seconde rejetant la culpabilité sur moi. Une colère que je ne connaissais pas s’était alors emparée de moi. Contre toi ? Peut-être… Contre moi-même. Pour sûr. Contre cette peine qui me déchirait le cœur et me faisait suffoquer. Tu m’avais laissé seul. Tu ne m’avais rien dit. Et tu avais laissé ces larmes que je n’avais pas revues depuis mon accident, brouiller mon regard de nouveau. Me foudroyant de plus belle, me rendant compte à quel point je pouvais ressentir ton absence. Peinant comme jamais à me rappeler comment je faisais pour vivre avant de te rencontrer. Avant que tu n’arrives dans ma vie et t’y frayes cette place majeure. A croire que tu étais ma vie… Tu me l’avais arraché. Tu me changeais de nouveau… En quelque chose que je détestais… Je te l’ai dit, n’est-ce pas ? Je ne me suis jamais vraiment aimé, mais toi… Je t’ai aimé comme jamais je n’ai aimé qui que ce soit. Comme jamais je n’aimerais qui que ce soit d’autre. Et voilà que je me retrouvais à me haïr de nouveau…
Aujourd’hui, je m’en veux d’avoir osé douter de toi, de m’être laissé envahir aussi facilement par cette peur, cette crainte. Je m’en veux comme jamais d’avoir regretté, l’espace d’un instant, d’avoir donné les outils pour détruire mon cœur et d’avoir osé penser que tu les avais utilisé pour le détruire. D’avoir osé penser éprouver de la colère à ton égard. Envers mon Ty. Cette colère, je l’ai détournée à mon égard.
Je pensais que nous vivions un amour digne d’un conte de fée. Mais tu as su me réveiller, me forcer à arrêter de rêver. L’amour est bien plus facile dans les contes de fée. Alors j’ai arrêté de rêver. Je ne t’avais plus dans mes bras pour m’échapper dans ce monde merveilleux qu’est celui des rêves. Mais depuis ton départ, à chaque fois que mon épuisement avait raison de moi et me forçait à fermer mes yeux pour tomber dans un sommeil tourmenté et loin d’être reposant, je ne rêvais plus. Plus du tout. Je regardais tout simplement les ténèbres dans lesquelles mes paupières closes me plongeaient. Je t’avais perdu. Je n’avais plus aucunes nouvelles. Le néant. Ce silence qui m’étouffait et me donnait envie de crier. Même déchaîner ma colère sur mes caisses et cymbales ne m’aidait pas. Loin de là, ne faisant que renforcer mon mal-être et ma perdition. Même mes rythmes me semblaient faux maintenant que tu n’étais plus là pour les compléter. Je ne rêvais plus, en effet. Ton départ avait arraché tous mes rêves. Tous. Je me sentais trahi. Tout laissait à croire que tel était le cas, que tu avais préféré me mentir et retourner auprès de ton père, plutôt que de rester dans mes bras qui auraient su te protéger. Alors pourquoi je continuais malgré tout à t’aimer ? Pourquoi je continuais de m’accrocher à toi ? A me dire que ce qu’on avait partagé, notre amour, nous… A me dire que ce tout n’était pas un mensonge… Mais alors pourquoi ? J’allais finir par avoir une réponse. J’aurai juste aimé l’avoir beaucoup plus tôt…Dernier jour de lycée, celui de la remise des diplômes... J'avais été accepté à l’université où je me faisais une joie d’entrer, où j’avais imaginé que l’on ferait mille et une chose ensemble, tous les deux. C’était notre projet à tous les deux. C’était à nous. Et voilà que je ne ressentais plus cette joie d'y aller, rien que l'idée de passer la grille seul me rongeait. Je me traînais jusqu'au lycée, n’écoutant même pas la musique dans mes oreilles. Je ne prêtais même pas de réelle attention à l’endroit où je me rendais. Un robot sans âme se mouvant parmi ces êtres si vivants et heureux de finir l’année. Je n’avais plus rien de celui que j’ai toujours été. Mon sourire ? Il a disparu avec toi. Ne lui en veut pas, mais ma mère t’en a voulu. Elle a compris à quel point j’étais affecté par ton départ lorsque je suis sorti de ma chambre après y avoir passé des jours enfermé, seul. Lorsqu’elle m’a vu sortir sans aucun sourire, aucun éclat. J’avais même privé mes cheveux de leur couleur. Tu les aimais rose. Je ne supportais plus de les regarder et de me remémorer sentir tes mains s’y frayer un chemin avec une douceur extrême… Je n’étais plus moi-même, elle t’en a blâmé, mais tu sais comment elle est. Au fond, elle était juste triste, pour nous. Je retrouvais ma classe, cette salle étouffante qui recueillait les discours des profs qui nous félicitaient pour cette année de dure labeur. Mais je ne les écoutais pas, je ne les regardais pas, je n'étais pas à l'aise, je n'étais même plus sûr de vouloir recevoir ce diplôme, de vouloir être ici, de vouloir aller à l'Université et rayer d'un trait sec notre histoire... A quoi bon si tu n’étais pas là pour me donner envie de poursuivre ces études ? Je n’ai pas écouté, je n'ai pas pris la peine d'applaudir ces discours d'hypocrites, je ne les ai pas regardé, moi qui d’ordinaire savait me faire repérer par mon excentricité, ce jour-là, je n’étais qu’une ombre. Une deuxième heure, une troisième… Mais mon esprit était ailleurs. Avec toi. L’heure de la pause arriva et tandis que tout le monde se pressait vers la cafétéria, j’allais en sens contraire, comptant bien profiter de cet instant pour vider mon casier avant que tous ne s'y pressent. Puis je n'avais pas faim, cette boule au ventre écœurante me tiraillant. De plus, l’idée de manger seul me coupait de plus belle à penser à la faim... C’est quand j’ai ouvert mon casier d’un geste brusque que j’ai remarqué la feuille froissée. J’ai de suite reconnu ton écriture et j’ai hésité. Lire au risque de souffrir de plus belle ou s’en débarrasser avant d’avoir envie de hurler de nouveau ? ‘tu me manques’ … Pourquoi est-ce que ce sont ces mots que j’ai vu en premiers ? Je t’ai lu et je m’en suis voulu. Terriblement. Si tu savais à quel point Tyler… A quel point je me suis senti con. J’aurai dû me battre pour toi. Aller te chercher. Et non pas faire l’erreur de penser que cette promesse brisée signifiait que tu ne tenais pas à moi. Je t’ai relu une seconde fois, puis j’ai sorti mes affaires de mon casier pour découvrir un deuxième papier froissé de la même manière. Je t’ai lu aussi et j’ai couru, tes mots serrés dans ma main, réchauffant le creux de ma paume en attendant qu’elle ne retrouve la tienne. J’ai foncé, laissant mes affaires joncher le sol en frac. Ne suivant que mon instinct. Cette envie maladive de te revoir, toi, mon addiction. Mon Ty. J’arrivais à la salle de musique, essoufflé comme jamais, jetant un coup d’œil par le cadre de verre de la porte pour te voir, toi, comme la première fois que nous nous  y étions croisé... Tes doigts dansant sur les blanches et les noires, ta voix emplissant la salle de sa douce mélodie qui eut l’art de me couper le souffle et de serrer ma gorge. Ta voix. Ta superbe voix… Elle m’avait tant manquée. Tu m’avais manqué, terriblement et je ne parvenais plus à détacher mon regard de toi. Je t’écoutais et me décidais à entrer en remarquant tes yeux se clore. Cette envie, ce besoin, cette soif de jouer avec toi m’avait manqué. Ça me brûlait, me démangeait… Je me plaçais en face de toi, sortant mes baguettes de mon sac, celles que j'emmenais toujours avec moi, et, comme si nous avions répété ce morceau depuis toujours, je viens ajouter ma touche à ta mélodie, faisant claquer le bout de mes sticks contre le bois du piano. Qu’il était bon de jouer de nouveau. Pour de vrai. Pour exprimer un manque, des excuses, une demande de pardon et non pas déchaîner colère et haine. Tu m’as regardé. Tu as posé ton regard sur moi et c’est ainsi que j’ai senti mon cœur rebattre. Ma vie reprendre.
Ta dernière note finissait d’émettre son tintement, diminuant lentement avant de s’éteindre, plongeant la salle dans un silence étrange. Tu étais là, devant moi et je ne t’avais pas quitté du regard. Tu étais là, épuisé, de nouveau couvert d’hématomes de ces marques que je détestais tant et que je devinais même si elles m’étaient dissimulées. Et malgré tout cela, tu avais ce sourire, cette magnifique esquisse. Cette lumière qui vint finir de me faire regretter tout ce que j’avais pu penser pendant ce mois loin de toi. Un mois… ça m’avait semblé être une éternité… « Hello. » Je ne t’ai pas répondu, continuant de te fixer sans émettre le moindre son. Sans ciller. Puis j'ai contourné le piano pour te faire face. Instinctivement, mes mains se sont placées, encadrant ton visage pour l’attirer vers le mien. Ton magnifique visage… Mes lèvres se sont déposées sur les tiennes, avide de ce contact dont elles avaient que trop longtemps privées. Nostalgiques et désireuses de la douceur des tiennes. Nos souffles entremêlés de nouveau. Nous… Ce n’est qu’une fois que le souffle nous manqua que je m’éloignais légèrement de tes lèvres, non sans de nouveaux regrets, plongeant mon regard dans le tien avant de dire, avec un sourire en coin : « On devrait vraiment remettre ça… » Quelques mots, un souvenir. Comme un désir fou de revenir dans le temps, à cette époque où nous étions ensemble, inséparables, intouchables… Ce rappel à notre première rencontre, cette scène qui se rejouait de nouveau, cette nostalgie enivrante. Une nouvelle promesse ? Que l’on recommence tout, ensemble ? Comment résister… Je ne désirais que ça…
Je n’avais pu me résoudre à lâcher ton visage, il avait déjà été si complexe de libérer tes lèvres après autant de temps… Je ne pouvais pas me résoudre à ne plus avoir aucun contact avec toi. J’en avais besoin, j’en avais envie, ce désir fou de te sentir contre moi, de respirer ton odeur, de goûter au grain de ta peau et à sa douceur. Je t’avais à quelques centimètres de moi seulement et pourtant le manque ne faisait que se faire ressentir de plus belle, un étau brûlant serrant mon cœur qui allait comme explosé après notre baiser qui était aussi exquis que les premiers que l’on s’était échangés, bien que bien moins maladroits… J’ai vu tes yeux se mouiller, je t’ai senti t’accrocher à mon cou, mes mains laissant ta gorge pour glisser le long de ton corps venant se placer dans le bas de ton dos pour te serrer contre moi, mon visage s’enfouissant dans le creux de ton cou, y déposant des baisers, ne supportant pas de voir ces larmes dans tes yeux. « Je suis désolé... » Je redressais le visage, te forçant à me regarder alors que je déclarais, plongeant mon regard dans le tien : « Je t’interdis ne serait-ce que d’y penser. C’est moi qui suis désolé d’avoir été con. J’aurais dû deviner, venir te… » Ma mâchoire s’est serrée à ce moment, découvrant une partie d’un hématome sur son épaule, d’un doigt j’écartais ton col pour voir la blessure, un regard triste et désolé fixant ta peau si douce et belle, abîmée de la sorte : « …te sauver. » Je m’en voulais, et ce sont des légers baisers que j’y déposais, comme des caresses, comme milles excuses…  Le contact de tes doigts sur mon torse ne fit qu’avivait mon plaisir de te retrouver. Tout cela m’avait manqué et j’espérais alors que jamais je n’aurais à en être privé de nouveau. Je m’étais silencieusement promis de ne jamais laisser cela arriver. A croire que les promesses ne sont pas faites pour moi… « Tu n’aurais pas pu y faire grand-chose Spooky. Sa prison était beaucoup plus sécurisée que la tienne. » J’arrêtais mon baiser, mes lèvres en suspens au-dessus de sa blessure sombre. Ma mâchoire se contracta. Je n’aimais pas entendre cela. J’aurais dû venir, ce que tu me disais ne faisait que me faire regretter de plus belle de ne pas avoir trouvé le courage de passer ma porte et de venir frapper à la tienne. J’avais eu peur que tu me renvoies chez moi, mais j’aurais réellement dû surpasser cette peur et voir. Réaliser. Et te libérer. Sécurisée ? Jamais il n’y aura suffisamment pour m’éloigner de toi… Jamais. Ton front contre mon épaule, ma main s’égarant dans tes cheveux, les yeux clos pour profiter de ce contact. « Partirais plus sans toi… » J’ai opiné avant d’ajouter : « Vu ce qu’il t’arrive quand tu n’es pas avec moi, je ne te laisserais plus jamais t’éloigner de moi. » Et j'allais faire en sorte de tenir cette nouvelle promesse… Nous semblions être redevenus ceux que nous étions, deux garçons qui s’aimaient, qui se parlaient sans secret, qui se regardaient et se souriaient, qui partageait ces délires tordus. Ce couple étrange qui attirait les regards, les sourires et les chuchotements, mais nous n’y prêtions pas plus attention qu’auparavant. Nous étions ensemble, pourquoi ces mots et autres gamineries réussiraient-ils à nous atteindre ? Ils ne savaient tout simplement pas qu’ensemble, nous étions de nouveau invincibles. Être séparés ne nous est pas bon, il suffit de voir l’état dans lequel l’absence de l’autre nous a plongés. Mais, nous étions nous de nouveau, seuls les marques présentes sur ton corps ravivaient ce pincement qui harcelait mon cœur, mais ce qui apaisait cette douleur était de sentir ta paume contre la mienne, ton regard sur moi, toi avec moi. Cette piqûre rappelant ce qu’il s’était déroulé pendant notre séparation frappa de nouveau à la fin de la remise des diplômes, alors que nous avancions, main dans la main tandis que la plupart des étudiants se dirigeaient faire la salle où aurait lieu le bal de promo. Je t’ai senti te figer et je me suis tourné vers toi inquiet pour te découvrir un regard que je ne supportais pas. Je suis revenu vers toi, affirmant ma prise sur tes doigts, contemplant ce débat intérieur que tu semblais t’infliger. « Tu te souviens ? Tu ne pars pas sans moi Tyler. » Je te l’ai chuchoté en cherchant ton regard, un sourire réconfortant aux lèvres t’étant entièrement dédié. « Tu choisis, mais on reste ensemble. Je reste avec toi. Je m’en fous. » Lâchant ta main je tendais déjà la première main : « Je te raccompagne chez toi, même si l’on risque de faire des détours qui dureront probablement toute la nuit. » Puis, en tendant la deuxième : « Soit tu acceptes d'être mon cavalier pour le bal et on va se mêler encore un peu aux autres êtres humains avant de rentrer chez moi… » Et quand je disais chez moi, je pensais chez nous, je pensais bien à ma maison, à cette maison où on avait vécu tous les deux, cette maison où l'on avait notre place et où tu avais la liberté d'être, de vivre, de faire tout ce dont tu désirais. Cette maison où tu pouvais être toi. J’eus un sourire, mais attendais, face à toi, je te laissais décider bien que mon envie pour la seconde option était certaine. Je n’avais en aucun cas envie de te ramener chez toi, même si, au fond je savais que si ton père le savait, te retrouvait, alors il ne ferait que te briser un peu plus mon précieux Tyler… Je ne t’ai pas quitté des yeux, attendant que tu fasses ton choix, attendant de savoir si tu tenterais de te rebeller de nouveau contre ton père ou bien de suivre ta simple envie. Ce que tu désires vraiment. Du moins, ce que j’espérais que tu voulais… Cette seconde option. Des picotements se faisaient sentir dans ma paume gauche, électrique, avide de contact. Cette paume qui attendait avec une certaine impatience que tes doigts la rejoignent. Mais je tentais au mieux de masquer cette impatience, continuant de te fixer, me perdant dans ton regard, un sourire réconfortant et encourageant déposé sur mes lèvres. Le temps semblait s’être arrêté, je ne prêtais aucune attention à ce qu’il se passait autour de nous, ma vision étant uniquement focalisée sur toi, sur le choix que tu allais faire. Puis tu as rompu le silence qui nous avait enveloppés lentement. « A tes risques et périls, je suis bien meilleur sur scène que sur la piste Jish. » Mon sourire s’étendu de suite alors que je sentais ta main rejoindre ma paume qui se réchauffa de suite à ton contact. Tes lèvres contre les miennes finirent de confirmer ton choix, ma main droite venant s’appliquer contre ta nuque pour prolonger notre échange si doux. Je m'éloignais de toi, ne ressentant pas cette amertume que m’avaient valu certaines de nos fins de baisers, parce que je savais qu’aujourd’hui, ce soir, tu serais à moi, et j’aurais autant de temps que désiré pour poursuivre nos baisers. « On va vérifier ça de suite... » J'entremêlais mes doigts aux tiens pour te guider jusqu'à la salle où tous les diplômés s'étaient rendus, déjà à se déchaîner sur la piste, à sourire en ressassant des souvenirs de leur dernière année de lycée, ou encore à se servir se punch sous l'oeil suspicieux des enseignants. Je désignais d'ailleurs le bar d'un signe de tête : « Tu veux peut-être de quoi te motiver avant ? Ou on voit de suite ce dont tu es capable ? » Je n'étais pas un dieu de la danse non plus, mais le regard des gens, je m'en moquais royalement, tant que j'étais avec toi, tant que je m'amusais et que tu en faisais de même, alors je ne demandais rien de plus. « Va pour un verre mais plus pour éviter la piste de danse que pour la motivation d'y aller. » Attrapant le verre que tu finis par me tendre, venant le faire trinquer contre le tien. J'avais juste envie de passer du temps avec toi et ne pouvais m'empêcher de te jeter des coups d'oeil, n'arrivant pas réellement à réaliser que je t'avais récupéré. « Tu faisais parti du programme de musique toi aussi, pourquoi t'as refusé d'y participer ? » J'eus une esquisse un peu triste en réfléchissant à ta question. Monter sur scène après que tu sois parti ? Sans toi ? ça ne me semblait même pas envisageable. Alors je pris une grande inspiration, avant de te répondre : « Je ne suis jamais à mon maximum quand tu ne joues pas avec toi. Alors monter sur scène sans toi ? Non, ce n'était juste pas possible... » Avouais-je, sachant que cela m'aurait fait plus de mal qu'autre chose. Alors je pris une nouvelle gorgée de mon punch, te fixant avant de reprendre la parole : « Mais tu es là maintenant... » Souriais-je avant de finir mon verre dans une nouvelle gorgée et de le redéposer sur le bar, te regardant finir le tien avant de montrer la scène d'un signe de tête et de reprendre : « Qu'en dis-tu mon Ty... Et si on leur volait la vedette ? Et qu'on mettait un peu d'ambiance à ce bal de promo... » J'avais surtout envie de jouer encore avec toi. Encore et encore... Te tendant la main pour qu'on y aille et qu'on leur montre ce qu'on savait faire... « Qu'est ce que tu me fais pas faire... » J'eus un petit sourire fier en sentant ta main se lier à la mienne, il ne m'en fallut pas plus pour t'attirer vers moi, te voler un baiser et te guider à travers la foule d'anciens lycéens et rejoindre la scène. J'attirais l'attention d'un de mes anciens camarades de club qui vint à notre rencontre : « Vous nous laissez la scène ? Vous avez eu votre moment, la place à nous maintenant ! » Souriais-je sans te lâcher. Il reprocha : « T'avais dit que tu jouais pas ce soir... Faudrait
savoir. »
Je levais les yeux au ciel « Et je change souvent d'avis. Comme ça vous faites une pause, le punch est délicieux. Allez vous faites pas prier ! » Insistais-je et il finit par lâcher prise. Ils annoncèrent leur pause et notre reprise, je n'attendais que ça, monter sur scène avec toi. Lâchant ta main au dernier moment, t'encourageant d'un clin d'oeil avant d'aller me diriger vers la batterie. On allait pouvoir être nous de nouveau. Je sentis ton malaise alors que je ne te quittais pas des yeux. La foule ? Je ne la regardais pas, seul toi, comme toujours. Mais je savais comment tu devais te sentir, face à cette foule qui se demandait ce que l'on allait leur jouer, qui allait sûrement juger, qui allait peut-être bien réagir à ce qu'on leur proposait, et ça t'oppressait... Fallait que je te sortes de là non ? Alors je me lançais, commençant à rythmer, sachant que tu ce son t'aiderai à arrêter de penser à eux, à ton mal-être et ta gêne pour te focaliser sur nous et notre musique. Tu m'as souri et je t'ai rendu un clin d'oeil avant que tu te lances dans quelques notes de piano. Reconnaissant la mélodie, j'attendis la première volée de notes avant de rythmer du pied sur ma grosse caisse, puis bien rapidement, nos sons furent agrémentées de tes paroles : « He stays home from work this time. He never really told his wife. He never really told a lie but this time he decides that it's alright. It's alright. » C'était toujours si simple de mêler les sons des caisses et cymbales à tes paroles et ta mélodie de piano, comme si ça coulait de source. Et comme toujours, on se laissait aller, ta voix en émerveilla plus d'un, ne pouvant que me donner le sourire. ça m'avait terriblement manqué, notre interlude musical ce midi n'avait pas suffit et te retrouver de la sorte était tout ce que je pouvais demander. Cette chanson se finit sur quelques unes de tes notes de piano et je t'adressais un large sourire, heureux de ce qu'on avait fait. Et je n'étais pas le seul, accordant un coup d'oeil à la foule d'étudiant, nous n'étions pas les seuls à nous être fait plaisir sur ce morceau, ils avaient appréciés. Manifestant ma joie d'un petit jeu de caisse, je t'adressais un haussement de sourcils amusés. Maintenant qu'on était lancés, autant continuer... Le sourire que tu avais aux lèvres me ravit et c'est ainsi qu'on continua de jouer, juste toi et moi, histoire de clôturer ces années de lycée en beauté. Et dire que l'on avait fini dans le bureau du dirlo pour avoir jouer à notre premier jour, voilà qu'aujourd'hui on jouait sans complexe, mettant le sourire aux lèvres de nos petits camarades, et que tu étais là, toi aussi, sans faire parti de ce foutu club. Ouais... On n'avait toujours pas lu leur pavé de règles... Mais on avait survécus et on prouvait enfin de quoi nous étions capables, ensemble. Les chansons s'enchaînaient sans que l'on s'en lasse. Je n'accordais même pas un regard aux autres du club, qui nous regardaient du backstage sans pour autant se faire remarquer, sachant qu'ils le feraient s'ils en avaient vraiment assez d'attendre. Notre show se finit sur un drum battle qui ne pouvait que me donnait le sourire, te voir te déchaîner sur les caisses, prendre confiance, ça ne pouvait que me plaire alors j'en profitais, battant sans te quitter des yeux. Ils nous applaudirent, mais j'étais déjà à m'emparer de tes lèvres... Que tu m'avais manqué : « Faudra aussi qu'on remette ça... » Puis j'attrapais ta main qui ne m'avait que trop manqué, t'attirant à ma suite pour quitter la scène souriant à mes partenaires de club : « Elle est toute à vous, merci de nous avoir laissé jouer ! » La salle se vidait lentement, le bal de promo arrivant petit à petit à sa fin, alors je nous menais dehors, histoire de prendre l'air, m'arrêtant pour te refaire face : « ça faisait du bien... Maintenant on rentre ? » Je te fixais, sans te lâcher la main, j'induisais que l'on rentre chez moi, je voulais juste m'assurer que c'était ce que tu voulais... Je te sentis hésiter à ma proposition. Pensais-tu vraiment à retourner avec lui ? Chez ce monstre ? Je n’avais pas envie de te voir partir. Puis comme je te l’avais déjà dit, comme mon regard le laissait comprendre à cet instant, on ne sera plus séparés. Ensemble. Quoiqu’il arrive. Je te vis te lover contre moi sans dire un mot, pesant sûrement encore le pour et le contre. J’aurai pu essayer de te convaincre, essayer d'insister, mais le fait de vouloir que la décision te revienne qu’à toi, que seul toi choisisse, eut raison de mon entêtement. Je me suis donc tus, te serrant contre moi, mes doigts se joignant dans ton dos, mes pouces dessinant de petits cercles pour te bercer. Je faisais tout pour rester calme, même si l’attente commençait à me peser. Et si tu décidais de prendre tes précautions et à rentrer chez lui… Mais je sentis ton visage opiner dans mon t-shirt et un large sourire me prit lorsque tu dis : « On rentre à la maison. » Je relevais ton visage vers le mien pour t’embrasser, un baiser qui en disait long sur combien je t’étais reconnaissant de m’avoir choisi : « Merci mon Ty. En plus, ton oreiller a perdu ton odeur… » Je t’adressais un clin d’œil redéposant une suite de petits baisers sur tes lèvres avant de commencer à marcher, nos mains liées l’une à l’autre, pour rentrer enfin dans notre chez nous. « Mais c'est toi qui feras le matelas cette nuit. » J’eus un petit rire avant de te faire un clin d’œil : « Pour ça, faudrait déjà que je te laisse dormir Tyler… » Et c’est main dans la main que nous sommes rentrés chez moi, chez nous, que nous avons passé le pas de la porte, souriants, heureux. Ma mère était là et me voir avec une expression qu’elle ne m’avait pas connu depuis un mois lui a réchauffé le cœur. Elle t’a toujours apprécié ma mère et c’est avec une étreinte qu’elle t’a accueilli de nouveau dans notre maison. Elle n’avait jamais posé de question, je ne lui avais jamais dit ce qu’il t’était arrivé, ce que tu endurais, ce n’était pas à moi de le faire, ce n’était pas moi, et elle n’avait pas voulu savoir. C’est une mère, elle voit le mal que peuvent ressentir les enfants, elle l’a sûrement deviné. Voilà sûrement pourquoi elle t’accueillait de nouveau bras ouverts, tu m’avais redonné le sourire, tu avais réussi là où elle avait échoué et elle préférait t’en être reconnaissante que t’en blâmer. Puis elle sait à quel point tu comptes pour moi, elle sait que jamais je ne la laisserai dire du mal de toi. Nous avons passé une soirée comme autrefois, qu’il était bon d’entendre nos rires résonner dans cette demeure de nouveau. Puis nous avons laissé mes parents devant ce film qu’elle avait choisi et c’est avec un sourire que je t’ai pris la main pour te mener à notre chambre, celle qui m’avait paru si froide et vide en ton absence, celle qui allait retrouver la vie ce soir.

   
Afterglow



Dernière édition par Joshua W. Dun le Ven 16 Sep - 22:59, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 5:51


This is our story

   
I'm gonna break you out.

Te revoir dans ma chambre était ce que j’avais toujours espéré, ces images qui hantaient mes nuits et me forçaient à me réveiller en sursaut lorsque je me rendais compte que tu n’étais pas à ta place, celle qui t’étais et te sera éternellement réservée, lové dans mes bras à te serrer contre moi. Mais tu étais de retour dans cette chambre, tu y retrouvais tes aises, tes habitudes, ta vie avec moi. Notre quotidien. Je refermais la porte, me retournant vers toi pour te découvrir dévêtu de ton T-shirt, laissant découvrir ces marques que j’avais deviné mais dont l’image était toujours aussi dure et violente. Mais je sentais ton regard alors que tu t’installais en tailleur pour me contempler, alors, instinctivement, mes yeux quittèrent ces marques pour se plonger dans les tiens. Ces marques, je les ferai disparaître. Ces blessures, je te les ferais oublier. Ces mauvais moments que tu avais endurés, je les effacerai, les remplaçant par des moments bien plus joyeux. C’était ce que je voulais, pour toi.
Je me suis approché de toi, sans cesser de te contempler, ôtant mes Vans pour venir m’agenouiller devant toi sur le lit. Je n’ai rien dit, je n’ai fait que me perdre dans ton regard, ma main est venue te caresser la joue comme d’habitude. Mon visage s’est penché vers le tien, lentement mon index relevant ton menton afin que mes lèvres viennent rencontrer les tiennes pour y déposer un nouveau baiser. Me reculant à tout juste quelques centimètres, appréciant de sentir nos souffles chauds s’entremêler : « Putain, qu’est-ce que tu m’as manqué… » Sans hésitation, ta voix a suivi la mienne : « A moi aussi. » Ce n’était que quelques mots, mais ils eurent l’art de réchauffer mon cœur et d’illuminer mon regard. Alors tu m’as embrassé à ton tour, t’accrochant à moi pour m’accorder un baiser bien plus avide, affamé, un baiser qui a eu l’art de faire vibrer mon corps tout entier. Sentant ce feu intense qui m’avait quitté s’emparer de moi à nouveau. Je me collais plus contre toi, je ne pourrais jamais décrire comment je me sentais à cet instant, à te sentir contre moi, à sentir cette chaleur s’échapper de ta peau et venir lécher la mienne pour augmenter ce feu qui n’avait cesse de grandir. Cette envie…  Ta main dessinant les traits de mon torse vint me donner la chair de poule, un frisson me prenant tant ce contact, tes gestes, tes caresses m’avaient manqués. Tu t’attaquais de nouveau à ta lèvre, ta si jolie lèvre… « ça t’amuse hein de me torturer… » Ai-je marmonné, l’envie trahissant mon regard. Je me suis éloigné, me débarrassant à mon tour de mon T-shirt qui était de trop. Te poussant contre le matelas, d’ordinaire, je prenais le temps de te contempler, de détailler ton torse, ton expression, mais là, je n’ai tout simplement pas réussi. Te surplombant, je me suis de nouveau emparé de tes lèvres, tirant ton menton d’un pouce, finissant ce baiser en te mordant cette si délicieuse lèvre. Mon corps pressé contre le tien, ma peau caressant la tienne, des picotements se faisant ressentir, ne faisant qu’intensifier ce feu d’artifice qui m’animait et chamboulait les battements de mon cœur. J’ai quitté tes lèvres, mais les baisers n’ont pas cessé, descendant le long de ta mâchoire, de ton cou, de son creux, mordillant ta peau pour y laisser ma trace. « Eh. » Je me souviens avoir souri contre ta peau en t’entendant râler, me donnant presque envie de continuer de goûter à ta peau malgré ton intervention. Mais je me détachais d’elle alors que tu reprenais : « Ça se mérite ce genre de chose… » à quelques centimètres de ta peau, j’ai regardé la trace, pour l’instant rouge, que j’avais laissée sur mon passage. Puis je me laissais guider par ta main qui me ramenait vers ton visage, rebroussant chemin en effleurant ta peau de mes lèvres. Alors je me redressais pour relever mon visage au-dessus du tien et arquais un sourcil avant de répondre « Je ferai dire à monsieur, que je l’ai assez sagement attendu pendant un mois, alors j’ai bien le droit de laisser ma marque sur mon Ty. Na. » Expliquais-je avec un sourire en caressant d’un doigt ce suçon interrompu. M’appuyant sur un coude pour observer ton torse pâle qui laissait paraître des marques qui appartenait à un autre, un autre qui te prenait pour sa chose alors que tu ne l’étais pas. Tu ne l’es pas, Tyler. Mon index a errer le long de ce torse, jouant sur de faibles chatouilles, me faisant sourire lorsque je voyais ton corps se contracter doucement, ou ta chair se dresser sur mon passage. « Et je compte bien en laisser encore quelques-unes… »  Ajoutais-je en relevant mes yeux vers toi avec un doux sourire, plongeant ma main dans tes cheveux pour t’embrasser, t’adressant un clin d’œil alors que ma seconde main avait déjà terminé son voyage le long de ta peau pour venir rencontrer ta ceinture et tirer dessus afin de mieux déboutonner ton jean.
C’est avec un petit rire et une certaine joie que je t’ai senti d’approprier la peau de mon cou, sentant le bout de tes dents jouer avec, stimulant d’autant plus cette envie qui bourdonnait dans mon crâne. « Un partout, la balle au centre. » J’avais un sourire, j’aimais ces marques sombres sur ma peau, ces petits hématomes comme ces plus intenses qui ne duraient jamais assez longtemps à mon goût. Il ne me déplaisait jamais de les contempler, il ne me gênait en rien de les afficher, me foutant de ce que pensaient les gens, si ça pouvait égayer leur journée de s’imaginer comment je les avais eu. Pour sûr, en éprouvant bien du plaisir. C’est après un baiser que tu m’as redit ces mots… « Je t’aime. » Ils résonnèrent dans mon crâne, faisant vibrer mon corps entier qui t’appelait déjà avec désir, mon cœur manquant un battement tant ils m’avaient manqué. « Je t’aime encore plus. » Ai-je souris en te rendant ton baiser, ne remarquant ton mécontentement qu’en m’éloignant de tes lèvres. « Ce qui est moins le cas de ton pantalon. » J’ai ri, me cachant dans le creux de ton cou pour ne pas trop t’embarrasser, ce n’était pas un rire moqueur, loin de là, mais un rire heureux, craquant sous cet air que tu prenais. Toutes tes expressions avaient un effet fou sur moi… Je me suis donc redressé et débarrassé de mon jean et de mon boxer, sachant que l’impatience commençait à se faire sentir. Debout au pied du lit, j’entrepris de tirer sur le tien pour t’enlever ce surplus de tissus. Ne me gênant pas plus pour te dénuder complètement. Revenant contre toi, cherchant ton regard pour demander ton accord, après tout cela faisait un mois… Et bien que je n’avais pas le stress de notre première fois, il n’empêche que cette nuit restait particulière, spéciale, celle où nous redevenions nous. Tu me souris et je te rendis un sourire amoureux, heureux, t’embrassant et allant pour passer à la suite, enfin. C’était sans compter un petit détail. « Bonne nuit les garçons ! » Cria-t-elle de l’étage du bas. Panique, j’ai de suite attrapé un de ces doudous que j’utilisais comme couverture quand j’avais la flemme de me glisser sous la couette. Elle n’avait pas pu nous entendre, mais c’était ma mère… Aller se coucher sans dire bonne nuit… Impossible… J’ai gueulé avec une pointe d’énervement et de frustration dans la voix : « OUAIS BONNE NUIT MAMAN ! » Silence. Elle n’est pas montée, mon père non plus, mais je suis resté à fixer la porte comme pour la contraindre à ne pas s’ouvrir. J’aurais dû fermer le verrou… J’allais vite retrouver cette habitude…


We will never be apart again.

On rentrait, venant tout juste de finir notre journée de cours, main dans la main, parlant de tout et de rien, heureux. Si heureux. Je dois te l'avouer, j'ai parfois l'impression de rêver. Mais si c'est un rêve, mon Ty, alors je ne veux pas me réveiller, jamais... On nous a mis tant de bâtons dans nos roues pour atteindre ce petit paradis, cette paix qui nous appartient enfin, où l'on peut enfin être ensemble, être nous, ne plus se cacher, ne plus avoir peur, juste vivre, juste sourire, juste être là l'un pour l'autre.
ça n'a pas été facile, partir, quitter Los Angeles pour cet endroit qui ne paye pas du tout de mine, faut l'avouer. Forks... C'est quoi ce nom de ville déjà... Enfin ville, est-ce que c'en est vraiment une. Je me souviens d'avoir posé la question alors qu'on roulait, notre voiture chargée d'affaires, sachant qu'il nous en restait encore bien à ramener, c'est ça, lorsque l'on est musicien et que l'on a du matos dont on ne sait plus se passer. Même avant cela, avant que l'on s'installe, alors que l'on cherchait un endroit où vivre pour commencer nos études. Un endroit à nous, pour nous, tout simplement. Vivre séparés ? C'était hors de question. Maintenant que tu t'étais sorti des griffes de ton père, hors de question que tu passes un seul instant loin de moi. Je t'avais enfin pour moi seul, je ne te partageais plus avec cette ordure, et ça ne pouvait que me faire sourire. Même si le bémol restait ta mère, mais je n'en disais rien, attendant toujours que tu lances le sujet, si tu désirais vraiment en parler, bien sûr.
Je nous revois, chercher cet endroit où l'on ferrait notre vie. Allant jusqu'à rêver plus d'une fois avant de redescendre sur terre et nous mettre à chercher autre chose en parallèle. Un peu de taf pour payer tout ça ne ferait pas de mal... Certes, mes parents n'ont pas manqué de nous dire encore et encore qu'ils étaient là pour nous aider. Mais c'était notre vie à nous, puis ils nous avaient déjà tant donné, tant offert, comment leur en demander plus ? J'avais aussi envie de leur montrer que l'on pouvait se débrouiller seuls, tant que nous étions tous les deux...
La première année a été riche en émotions, goûtant enfin à notre liberté, à notre vie à deux, nous faisant à cette vie loin des plages et du soleil, n'omettant en rien notre musique, nos passions, bien au contraire. Les études nous ont fait nous accrocher à cet endroit qui était à nous, où il ne nous retrouverait pas pour ternir ce beau tableau que l'on peignait à deux. Il ne nous retrouvera jamais dis ? Il ne t'arrachera pas une nouvelle fois de mes bras hein ? Les premiers mois, cette crainte restait présente, habitué à ce que tout bonheur connaisse une fin, un retournement malsain et désagréable... Mais nous avons réussi à poursuivre nos études sans problèmes.
Quatre ans mon Ty... Quatre ans avec toi, ici, dans ce trou que j'ai fini par apprécier, dans cette université qui a su nous investir d'autant plus dans nos projets musicaux, quatre ans... C'est déjà beaucoup et pourtant, j'en demande plus, j'en veux plus, je ne veux pas que ça se termine. Jamais. Alors, dis mon Ty... ça ne se terminera jamais hein ? Promet-le-moi... La seule promesse qu'il nous sera prohibé de rompre... Cette promesse qui finira d'endurcir notre amour, notre lien... A jamais mon Ty, d'accord ?

   
Afterglow



Dernière édition par Joshua W. Dun le Sam 17 Sep - 12:50, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 10:45

MAAAAAAHHHHH ! Un nouvel asiatique !
Bientot on les dominera tous.
Plus sérieusement, bonne arrivée à toi. :3
J'ai hate de voir ce que Tyler et toi, allez nous produiiireuuuuh !
Si tu as besoin d'aide, n'hésites pas à cliquer sur l'un des boutons du staff. :36:
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 11:19

Non mais ça y est on est dominé par les hommes...

Plus sérieusement, je te souhaite la bienvenue parmi nous.
J'ai hâte d'en savoir plus sur ton personnage.
Et puis ça fait du bien de voir un humain parmi toutes les méchantes créatures que nous sommes :34:

Si tu as des questions ou envie de papoter, n'hésite pas je suis la et le reste du staff aussi.

Gros gros gros bisous

_________________
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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 13:41

^^ Tu as raison Ichigo, on ne se laissera pas marcher sur les pieds !

Merci à vous deux !
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On me confond souvent avec : Chloe Bennet

MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 21:57

Bienvenue parmi nous, n'hésite surtout pas si tu as besoin ! Nous sommes là pour ça Wink

J'adoooore ton début de fiche ** J'adore ton personnage, et ta façon de l'envisager, de le vivre. C'est super chouette. J'ai hâte de voir la suite !

Il était temps qu'un humain tout mignon tout gentil vienne nous rejoindre ! Bon après, c'est pas dit que tu sois pas un peu... secoué ? =* mais rien de méchant, jamais ! =*

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MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Mar 13 Sep - 22:27

Merci à toi et encore merci pour ton avis sur ma fiche ;3 La suite arrive !
Par contre... ze veux pas être secoué T.T
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On me confond souvent avec : Chloe Bennet

MessageSujet: Re: He proved me that it’s worth to stay alive.   Sam 17 Sep - 18:02


Congrats


J'ai l'honneur de t'annoncer que ta fiche est VALIDÉE !!!

Le reste du forum s'ouvre désormais à toi !
Tu peux donc le découvrir tranquillement, mais avant tout n'oublie pas ces quelques points :
- Il te faut recenser ton avatar pour qu'il ne te soit pas piqué : WWW
- Tu peux dès à présent aller créer tes fiches de liens et de sujets et aller voir celles des autres membres ! Il te faudra les recenser ICI. Tu dispose d'un délai d'UNE semaine pour les faire !
- Comme on a tous besoin d'un endroit pour vivre, viens faire ta demande :
- Si tu es vampire tu peux avoir un don ! Pour prévenir les membres de ce dont tu es capable, n'oublie pas d'aller le recenser : ICI
- N'hésite pas à ajouter les admins sur Skype pour les avoir en contact en cas de problèmes: ICI !

N'hésite surtout pas à aller jeter un coup d’œil aux fiches des autres membres pour avoir rapidement des liens et peut-être même des RP's !
Si tu rencontres le moindre souci les admins sont et seront toujours à ta disposition !

A très bientôt sur le forum ! Profite bien !

∞ Un petit mot de l'admin :
Bon, ce n'est pas un secret, j'ai adoré ta fiche ! C'est donc avec plaisir que je te valide, et que j'ai hâte de te voir dans le reste du forum :3. J'ai beaucoup aimé ton écriture, ta façon de voir les choses, les détails apportés qui font de ton personnage quelqu'un de complet !


© Dakota & A-Lice

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